lundi 16 octobre 2017

Le photographe de Mauthausen

Salva Rubio
Pedro J. Colombo
Aintzane Landa
Album - Historique
Editions Le Lombard
Parution : 2017
168 pages













Et si le vol du siècle avait eu lieu... dans un camp de concentration nazi ? En 1941, Francisco Boix, matricule 5185 du camp de concentration de Mauthausen, échafaude avec ses camarades un plan pour voler des photographies témoignant des crimes commis dans le camp et incriminant les plus hauts dignitaires nazis. Ce plan risqué n'est que le début de son périple pour révéler la vérité... Une histoire vraie, basée sur des faits réels.


"Gros coup de coeur" pour cet album qui met en exergue: La déportation des Républicains Espagnols dans les camps nazis.

Après avoir fui la guerre espagnole sous Franco, Francisco Boix, le personnage principal s'est exilé en France en pensant pouvoir vivre dans un pays libre, malheureusement il a été interné au camp du Vernet d'Ariège aussi connu comme étant "un camp répressif pour étrangers suspects" et fût contraint en 1939 à rejoindre les Compagnies de travailleurs étrangers attachées à l'armée Française.

Arrêté avec ses camarades par les Allemands, fait prisonnier de guerre, il a été enfermé à la caserne Bougenel à Belfort puis transféré au Stalag à Fallingbostel. Considérés comme Espagnols apatrides, Francisco et ses camarades sont envoyés dans l'enfer des camps de concentration.

Nous suivons Francisco Boix au sein du camp de Mauthausen, il nous parle de son arrivée, de la construction du camp, des conditions de vie inhumaines, de l'horreur qui règne, mais surtout il nous parle des postes auxquels les prisonniers sont  affectés et plus particulièrement des postes à responsabilité qui permettent à certains prisonniers d'avoir  des meilleurs postes et d'être reconnus comme "utiles", les Prominenten. Francisco pour sa part est intégré au service d'identification qui dépend de la Gestapo, il a pour mission de consigner sur support photographique l'entrée et la sorties des personnes déportées. 

Durant sa mission Francisco découvre l'insoutenable, des photographies montrant des cadavres, mis en scène parfois, des meurtres maquillés, il découvrent également  des photos sur lesquelles les prisonniers ne sont pas maltraités ou affamés destinées à faire de la pub auprès des entreprises locales afin de leur proposer les services des prisonniers qui rapporteraient beaucoup d'argent au ss et une main d'oeuvre pour les patrons. 

Francisco Boix décide d'élaborer un plan avec l'aide de ses camarades afin de faire sortir une parties des photographies du camp et ainsi d'apporter des preuves de ce qui s'y passe. Non seulement son acte héroïque a abouti mais en plus les photographies ont servi lors du procès des nazis a prouvé les horreurs commises au sein du camp.

Je salue le travail des personnes qui ont participées à la création de ce bijou, un bijou qui vaut le coup d’œil, les illustrations sont d'un réalisme époustouflant, immersion totale dès la première page. Francisco Boix est un héros et je suis heureuse d'avoir fait sa connaissance à travers cet ouvrage qui en plus de mettre en lumière un pan de l'histoire méconnu est enrichissant, magnifique et très abordable niveau prix. Outre la partie dessins nous avons un dossier historique qui revient sur les dialogues de Francisco Boix et qui nous apporte de plus amples informations essentielles pour comprendre le contexte dans lequel a vécu notre héros.

lundi 2 octobre 2017

Christine

Stephen King
Thriller
Editions le Livre de Poche
Parution : 2009
411 pages














Devant une maison mal entretenue, sur une pelouse pelée, Arnie vient de découvrir Christine, elle même en piteux état. Et pourtant cette rencontre va bouleverser sa vie.

Arnie, c'est un adolescent fort en thème, fragile, boutonneux, timide. Et qui est Christine ? Une femme parée de toutes les séductions ? Non, Christine est une voiture américaine, une Plymouth Fury 1958 qui porte bien son âge. Mais dès qu'Arnie s'assied à son volant,dès que la radio de bord commence à distiller les succès des années soixante, la voilà subitement qui se sent revivre. Elle se transforme, embellit, rajeunit, et son emprise sur son jeune acquéreur est totale.

Christine ne supporte aucun partage. Animée d'une puissance machiavélique, elle fonce tout droit sur la seule rivale qui soit en travers de sa route, la jolie Leigh, petite amie d'Arnie.


A l'approche d'Halloween j'adore lire des livres de Stephen King,  le roi de l'horreur ne me déçoit jamais et chacun de ses ouvrages est comme un délicieux bonbon que l'on prend le temps de déguster, parce que c'est tellement bon qu'on ne voudrait pas voir la fin arrivée. Ahh Christine, cette furie a déjà marqué des générations, c'est toujours un plaisir de la retrouver. Après avoir fait une overdose du film (à cause de mon frère qui le regardait en boucle), j'ai décidé de lire le bouquin et vraiment c'est un véritable coup de coeur pour cette voiture qui nous en fait voir de toutes les couleurs !! 

Lorsqu'Arnie Cunningham voit pour la première fois Christine, c'est le coup de foudre si bien qu'il va faire des pieds et des mains pour qu'elle lui appartienne. Personne ne comprend, pas même Dennis son meilleur ami qui l'a jusque l'a toujours soutenu quand tout les autres se servaient de lui comme bouc-émissaire. Il faut le dire Christine n'a rien d'avantageux, elle est vieille et en mauvais état de surcroît en bref c'est un tas de ferraille.

C'est sur cette note que commence le récit de Dennis : sur le coup de foudre d'Arnie qui va à tout jamais changer sa vie. Arnie est à l'origine un jeune homme chétif, physiquement mal fichu il est victime des railleries de ses camarades qui ne loupent pas une occasion pour le mettre à mal. Mais voilà chose extraordinaire au contact de Christine, Arnie va faire peau neuve, il prend du poil de la bête et n'hésite pas à s'imposer et même à se rebeller contre l'autorité de ses parents, ce qui va donner lieu à d'incessants conflits. Arnie change du tout au tout, s'isole, Christine devient sa raison de vivre et gare à ceux qui osent manifester leur mécontentement devant cette relation ahurissante, Christine se fâche et lorsque c'est le cas, elle se transforme en une chasseuse de tête redoutable jusqu'à ce que mort s'en suive tout en écoutant des chansons des années 60.

Que dire à part que cette lecture est un beau coup de coeur, moi qui pensais en avoir fini avec cette fury, je dois bien avouer avoir adoré découvrir l'histoire originale et voir les choses d'une autre manière. En voyant l'adaptation pour moi ce n'était qu'une simple histoire de voiture déchaînée, je me disais que c'était tiré par les cheveux et que tout simplement ce n'était pas fait pour moi.

En refermant mon livre je me dis que cette histoire de voiture possédée est plus que géniale, j'ai adoré l'ambiance qui monte crescendo, les personnages surtout celui de Arnie le jeune homme torturé qui se retrouve dans le savoir dans un panade monstre, Stephen King ressort un sujet que l'on a l'habitude de croiser dans les personnages qu'il met en scène : les adolescents bouc-émissaire, on  y retrouve aussi le thème de l'obsession, celle qui mène à la folie, celle qui vous retourne le cerveau comme il se doit ( et qui fait les meilleures histoires). Mais ce que j'ai encore le plus aimé c'est de découvrir l'identité de celui qui possédait la voiture, l'histoire de Christine qui nous aident à comprendre comment cette voiture arrive à massacrer ceux qui lui veulent du mal. C'est passionnant, c'est détonnant, c'est du Stephen king dans toute sa splendeur, ça m'avait manqué...


mardi 19 septembre 2017

Dark Net

Benjamin Percy
Thriller
Editions Super 8
Parution : Septembre 2017
400 pages

















Fermez toutes vos fenêtres !

Le Dark Net, vous connaissez ? Sous les fondations du réseau, un second Internet prospère : un eldorado sulfureux où rien n'est impossible et où on trouve de tout - drogues, armes à feu, instructions terroristes, etc.

Mais aujourd'hui, les forces obscures s'assemblent dans ces profondeurs. Des démons qui menacent d'envahir notre mon physique en "hackant" les esprit des utilisateurs pour les transformer en tueurs psychotiques.

Pour les arrêter, quatre personnages que rien ne destinait à se rencontrer : Hannah, une jeune aveugle de 12 ans ayant récemment recouvré la vue (mais pas seulement) grâce à une prothèse futuriste ; Mike Juniper, un ancien évangéliste qui combat ses propres démons et veille, dans le sous-sol de son refuge pour sans-abri, sur un impressionnant arsenal d'armes à feu ; Derek, un hacker aux allures d'Anonymous qui entend faire régner la justice au sein du réseau ; et Lela, une journaliste technophobe persuadée d'être tombée sur une histoire que personne ne veut entendre.



Je suis une geek (et fière de l'être :p) et addict aux thrillers, ça beaucoup de monde le sait donc lorsque la sortie de ce livre a été annoncée, je l'ai attendu impatiemment et de pied ferme !! Dark Net, rien que le titre fait frémir et envoie du rêve (ou du cauchemar), on imagine une histoire glauque, un réseau grouillant de hackers faisant régner le chaos et compagnie, bref j'avais tout misé sur ce livre,  mais ...

En vérité, je suis descendue de plusieurs étages lorsque je me suis aperçue que le style de l'auteur n'allait pas me correspondre. Le style d'écriture et la narration sont tellement particuliers, beaucoup de descriptions, peu de dialogues, des phrases courtes qui se succèdent et qui parfois donnent l'impression que le récit est décousu. Les personnages sont nombreux, nous les suivons à tour de rôle sans forcément s'y attendre, j'ai dû revenir plusieurs fois en arrière pour comprendre quel était le personnage que l'auteur mettait en scène, le manque de structure du texte et du déroulement de l'histoire a été fatal pour moi ; grosse déception.

Déçue parce que malgré tout la trame de l'histoire n'est pas du tout mauvaise, elle est même innovante, à travers Dark Net, l'auteur nous propose un récit qui va avec l'ère du temps, dans notre société, le net est devenu presque vital et s'imaginer dans un contexte aussi sombre et tendu fait froid dans le dos.  Je ne vous déconseille pas ce livre parce que je suis sûre que parmi ceux qui liront cette critique, certains pourraient apprécier malgré tous les points négatifs que j'ai cités.


lundi 28 août 2017

La vérité sur l'Affaire Harry Québert

Joël Dicker
Policier
Editions De Fallois
Parution : avril 2014
857 pages















À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. 


Eh voilà, après plusieurs années d'hésitation devant ce pavé de 857 pages, j'ai sauté le pas et que dire à part que cette histoire décapante me laisse sans voix.

Ce roman policier qui a conquit en grande majorité les lecteurs nous fait découvrir l'univers d'un écrivain en perte de contrôle après avoir connu un incroyable succès lors de la sortie de son précédent roman. Pour se changer les idées, Marcus Goldman accepte l'invitation de son ami Harry Québert (lui même auteur d'un grand best seller intitulé "les origines du mal') et part s'exiler à Aurora dans le New Hampshire.

Si cette visite amicale se révèle être ressourcante et chaleureuse pour les deux amis, le syndrome de la page blanche perdure pour Marcus et la suite des événements va allègrement continuer de semer le chaos. En effet un jour Marcus reçoit un appel d'Harry Québert, celui-ci a été arrêté suite à la découverte du corps d'une jeune fille sur sa propriété disparue  30 ans plus tôt...

Que peut-on faire par amitié, jusqu'à où peut-on aller? Une chose est sûre ce roman est une Ode à l'amitié,  cette histoire tout aussi révoltante soit-elle est aussi magnifique. D'un côté Marcus va tout quitter pour mener l'enquête, il va se retrouver dans un tourbillon de rebondissements, prêt à tout pour prouver l'innocence de son ami qui risque la peine capitale, jusqu'à faire un ouvrage rétablissant la vérité sur cette histoire qui fait malgré tout froid dans le dos. Et puis d'un autre côté nous avons le récit d'Harry Québert qui revient sur la liaison interdite qu'il a entretenue avec Nola qui n'avait que 15 ans, une histoire d'amour hors du commun qui l'a marquée au fer rouge et qui a eue un tel impact, qu'il n'a jamais pu faire sa vie avec aucune femme.

Je ne surprendrais sûrement personne en disant que cette histoire est addictive, pleine de rebondissement Joël Dicker n'a aucun mal à nous tenir en haleine et encore moins à nous surprendre avec cette ambiance à couteau tiré qui menace d'exploser d'un instant à l'autre. Je suis ravie d'avoir pu découvrir la si belle plume de Joël Dicker, qui nous emporte et nous berce au fil des pages, elle est douce et poétique mais surtout son écriture est inoubliable. Malgré quelques longueurs qui ont pu me freiner, j'ai passé un excellent moment et je comprends enfin pourquoi ce livre a eu tant de succès, un succès plus que mérité...

lundi 21 août 2017

Les belles découvertes livresques de l'été 2017 #1

L'été, c'est souvent l'occasion de faire de belles découvertes lors de promenades, la période estivale, les températures... nous poussent à sortir et à profiter pleinement, je vous présente aujourd'hui une des librairies que j'ai pu visitées au cours de cet été et qui sont 2 lieux coup de coeur. 



Tout d'abord la librairie Le Failler se situe dans le centre ville de Rennes (35), je n'habite pas très loin de Rennes et pourtant j'ai mis un temps fou avant d'avoir l'occasion de découvrir ce qui représente pour moi : la caverne d'Ali Baba. 

C'est simple cette librairie est remplie de livres, il y'en a partout, dès que vous y entrez vous savez que vous être fichu(e)s parce que vous ne ressortirez pas les mains vides. Beaucoup de livres donc, mais le gros point fort c'est qu'il y'a une excellente organisation : les livres sont classés par genre et ce sur trois étages : sous-sol, RDC, 1er étage. 

Je ne peux que vous encouragez à aller y faire un tour, si vous êtes du coin ou pas, la découverte vaut le détour surtout pour les amoureux des livres :D

 

samedi 19 août 2017

Où allons-nous Monsieur le curé

Michel Le Corni
Historique/Régional
Editions Amalthée
Parution : mai 2014
136 pages













Avec ses consciences marquées par une église omniprésente, la Bretagne avait courbé l’échine, elle s’était montrée courageuse, obéissante et dévouée face au pouvoir de gros propriétaires terriens. Puis, les avancées technologiques, l’arrivée de la télévision dans les foyers, la modernisation du plan routier permirent de grands bouleversements. L’Église perdit de son influence. Les femmes, elles, devinrent fers de lance de la modernisation, porteuses d’énergie et d’espoir. En contant l’histoire d’une famille de la noblesse bretonne victime de ces profondes mutations, l’auteur revient sur quinze années durant lesquelles les pouvoirs temporels et spirituels ont cédé la place pour qu’émerge une autre société…


Après avoir lu ce roman, mon jugement presque négatif se renforce concernant la noblesse et le clergé qui ont fait très certainement plus de dégâts que de bien, en voulant asservir la population Bretonne.

Il était facile pour ces gens ayant un savoir intellectuel et un pouvoir financier d'imposer une certaine dictature, la leur et celle de leurs ancêtres car lorsque le Maître avait parlé sa parole était d'or, bien entendu avec l'appui de Monsieur le curé qui lui apeurait ses fidèles par des sermons dépassant parfois la réalité, malgré qu'il s'apercevait et comprenait l'évolution de la société Bretonne au grand dam du Comte. Il était inutile de se révolter car pour s'intégrer dans la communauté Bretonne il fallait savoir courber l'échine et travailler pour obtenir le gîte et le couvert et surtout sans attendre de privilèges qui n'étaient acquis que pour la noblesse et le clergé.

L'ouverture sur le monde pour cette population Bretonne viendra de l'extérieur, des villes en particulier, certaines personnes ont apporté avec eux , le droit à l'information, à l'éducation, à l'évolution et enfin à la parole malgré certaines réticences, la peur de l'étranger et de l'inconnu. Cette noblesse et ce clergé l'ont compris sans accepter qu'une page était en train de se tourner,  leurs privilèges ne seraient plus ce qu'ils étaient auparavant, leur pouvoir n'était plus.

L'auteur tout en nous exposant la situation de la noblesse et du clergé face au peuple Breton, nous donne une leçon d'histoire et nous fait découvrir le côté vieille France du Comte qui ne fait aucune concession pas même envers sa femme et ses enfants, malgré qu'il accepta exceptionnellement certains changements en contrepartie d'une manne financière, alors que son épouse la Contesse est doté d'un esprit ouvert et libéral s’affranchissant de sa condition lors du décès de son beau-père. Faisant installer le chauffage au château, une chambre d'hôtes pour les visiteurs et un téléviseur rentre dans le foyer au décès de son époux de surcroit adultère "la surprise révélé par le notaire" pour enfin ! vivre avec son temps et surtout sans le poids de la religion, Monsieur le curé n'étant plus le bienvenu, une autre génération est née, Agathe, la première petite-fille de Marie-Bernadette qui délivrée du carcan de la noblesse et du clergé va vivre sa vie de femme en tee-shirt et en jean.


mercredi 16 août 2017

Un sac

Solène Bakowski
Thriller psychologique
Editions Milady
Parution : janvier 2017
278 pages














En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu'elle serre comme un étau. Cette femme, c'est Anna-Marie Caravelle, l'abominable, l'Affreuse Rouquine, la marginale. Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l'insu du reste du monde, l'éducation de la petite Anna-Marie, fille d'un suicidé et d'une folle à lier, elle n''imagine pas encore le monstre qu'elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement. Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d'importance ? Voici l'histoire d'Anna-Marie Caravelle.


L'histoire d'Anna-Marie Caravelle, c'est l'itinéraire d'une gamine mal née et malmenée par la vie. Née alors que sa mère était dans l’impossibilité de s'occuper d'elle en raison d'un problème de santé, elle a grandi dans le plus grand des secrets sans jamais être reconnue par personne (même pas sur des papiers d'état civil) chez la vieille Monique Bonneuil, acariâtre et en mal d'enfant.

Lorsque l'on débute le récit d'Anna-Marie, on sait qu'il s'est passé un drame, on se doute vite de ce qui a pu se produire au vu des révélations que nous avons rapidement. Le vrai mystère tourne autour d'Anna-Marie : Qui est-elle réellement? Qu'est ce qu'elle fait avec ce sac ? Autant de suspense qui nous tient en haleine mais qu'Anna-Marie va alléger en nous contant son récit et en nous apportant les réponses tant attendues.

En misant sur une narration à la première personne, l'auteur a fait de son récit un point fort, l'emploi du "je" nous immerge dans le récit d'Anna-Marie, cela apporte une dose d'intimité, comme l'impression qu'elle s'adresse directement à nous, lecteur. J'ai été happée non seulement par l'écriture de Solène Bakowski qui est délicieuse mais surtout par le portrait d'Anna-Marie, le portrait d'une femme née au mauvais moment, là où elle n'aurait jamais dû naître. Une vie sans cadre, sans repère, livrée à elle même dans la jungle de la vie, Anna-Marie est devenue cette personne façonnée par l'ignorance générale, la violence et le mépris.