dimanche 22 février 2015

Belle époque




À 16 ans, Maude fuit la Bretagne pour Paris, capitale en ébullition à la veille de l'Exposition universelle de 1889. Face aux difficultés pour subsister, elle postule à l'annonce d'une agence qui fournit des faire-valoir et chaperons aux jeunes filles de bonnes familles. Grâce à ce poste ingrat, Maud prend son destin en mains 


Bon j'avoue si je me suis laissée tenter par ce roman c'est en grande partie pour la magnifique couverture que nous offre ce livre, ainsi que le résumé  tout de même très intriguant. Les deux réunis nous donne un beau combo d'originalité !

Cette histoire se déroule à la fin du 19 ème siècle. Après avoir fuit  la Bretagne Maude Pichon décide de rejoindre la capitale afin d'exaucer son rêve, seulement  elle va vite se rendre compte que la liberté à un prix et va être dans l'obligation de trouver un emploi pour subvenir à ses besoins.

Belle époque est un roman inspiré de la nouvelle d'Emile Zola : les repoussoirs. L'idée d'Élizabeth Ross de donner en quelque sorte une suite à cette nouvelle est plutôt ingénieuse et nous fait découvrir Paris au moment de l'exposition universelle, c'est toujours intéressant de découvrir cette époque finalement peu connue ou du moins dont on entend moins parlé.

Pour ce qui est de l'histoire, j'ai beaucoup apprecié Maude qui tout au long reste digne malgré son travail dégradant. En effet les candidates postulant à l'agence Durandeau travaillent au service des personnes de la haute société en tant que repoussoir ou plus vulgairement en tant que "faire-valoir" : une fille sans attrait louée pour mettre  leur propre personne en valeur. Elle croit en ses rêves et reste fidèle à elle-même. J'ai aussi apprécié l'amitié qui la lie à Marie-Josée, repoussoir également, une femme plus expérimentée pleine de vie avec un sacré caractère et sans oublier Isabelle la fille de la comtesse avec un côté rebelle, voulant vivre sa vie comme elle l'entend et non comme sa mère le voudrait.

L'auteure m'a impressionné par la qualité de son travail et de son écriture, grâce à elle  la nouvelle méconnue d'Émile Zola est mise à l'honneur de manière subtile avec une pointe de modernité. Ne sachant pas ce que ma lecture allait donner et n'en attendant rien en particulier, j'en ressors conquise même si l'intrigue était trop prévisible à mon goût et que j'aurais aimé avoir plus de descriptions sur l'architecture de Paris à cette période.


vendredi 20 février 2015

1, rue des petits-pas

Auteur : Nathalie HUG
                  Editions : France Loisirs
                    Parution : Decembre 2014
 Pages :346
   Prix :  17.50 €














Lorraine, hiver 1918-1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s'organise pour que la vie continue.
Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits-Pas par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l'oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l'illégalité, élève un enfant qui n'est pas le sien, aime un être qu'elle n'a pas le droit d'aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir.



Une couverture et un titre prometteurs, il ne m'en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir ce roman au genre historique avec un sujet tout particulièrement  intéressant : La médecine obstétrique à la fin de la guerre 14/18


Louise, orpheline va être recueillie au 1 rue des petits-pas, là où exerce 2 sages-femmes, Anne  et Vera. C'est avec Anne qu'elle va apprendre le métier de sage-femme, celle-ci va lui transmettre son savoir et Louise va être rapidement confrontée aux difficultés de ce travail, mais aussi à l’animosité et les quand dira t'on des villageois...

 Tout de suite, nous sommes plongés dans l'histoire en plein milieu du travail des sages-femmes,cette entrée percutante, nous permet d'entrer facilement dans l'histoire. Très vite le portrait de Louise est dressé, son histoire dévoilée, cette jeune fille de 16 ans m'a impressionnée par son jeune âge et sa capacité à traverser tout un tas d'épreuves grâce à sa force de caractère, elle va réussir à s'imposer, à élever un enfant qui n'est pas le sien à encaisser les rumeurs et la malveillance des gens autour d'elle tout en essayant de se reconstruire. En revanche, j'ai détesté Vera, qui a tout d'un  personnage antipathique, son comportement envers Louise et la distance qu'elle met  est inacceptable, mais  ce personnage nous réserve une sacrée surprise ce qui permet de mieux comprendre son histoire...

Nathalie Hug nous fait découvrir ce qu'est le métier de sage-femme, dans cette période de l'après grande guerre, où les sages-femmes devaient souvent pratiquer dans l'illégalité pour sauver la vie de nombreuses femmes qui donnaient la vie, mais aussi celles qui étaient victimes de maltraitance, d'alcoolisme, de viols...Je trouve que cela est toujours important de s'en rappeler, aujourd'hui  ces conditions ne sont plus les mêmes, elles ont évolué mais avant d'en arriver là il a fallu que des personnes se battent, je pense notamment en particulier à Simone Veil qui a permis grâce à la promulgation de sa loi, de légaliser l'avortement. L'auteure à fait un très beau travail de recherche afin de rendre cette histoire cohérente avec les faits historiques.

1, rue des petits-pas était le premier livre de Nathalie Hug que j'ai lu et je compte bien en découvrir d'autres.

mardi 17 février 2015

Le combat de l'épouvanteur tome 4

Auteur : Joseph DELANEY
Traductrice : Marie-Hélène  DELVAL
                  Editions : Bayard

                    Parution : Mars 2008
 Pages :406
   Prix :  14.90 €













Les sorcières de Pendle deviennent de plus en plus malfaisantes. Le plus inquiétant, c'est que les trois clans - les Deane, les Malkin et les Mouldheel - préparent une alliance. Ensemble, ils seraient capables d'invoquer le Diable en personne ! Tom et son maître vont se rendre là-bas pour éviter le pire. Mais avant, Tom Ward doit passer chez lui pour récupérer les malles que sa mère lui a laissées en héritage. Or, une fois sur place, il découvre que la ferme a été ravagée, la grange brûlée.


Risque de spoil

  Enfin j'ai pu lire la suite  ! Ça fait à peu près un an que je rame pour trouver tous les tomes de cette saga coup de coeur, et hourra maintenant que je les ai tous  en ma possession  je vais me régaler !  

Dans ce quatrième tome nous retrouvons Tom dans la suite de son apprentissage auprès de l'épouvanteur, il va devoir faire face à la montée du mal et  l'obscur provoqués  par 3 clans de sorcières bien décidées à invoquer le diable, seulement voilà pour la première fois Tom est tiraillé entre son devoir de protéger le comté, et son devoir de  sauver sa famille suite à un  terrible événement.

Ce tome est un vrai régal, c'est un plaisir de retrouver Thomas Ward, l'épouvanteur, ainsi que Alice. On s’aperçoit par la complexité de ses missions que le travail  et les épreuves pour Tom s'intensifient, après la mort de son père dans le tome 3 et le départ de sa mère, il doit faire face à l'anéantissement de la ferme où il a vécu et la disparition de son frère, sa belle-soeur et sa nièce. C'est aussi pour nous l'occasion d'assouvir notre curiosité et ainsi de découvrir le contenu des 3 malles  dont Tom a héritées  par sa mère,  et c'est pour le moins surprenant cependant cela va l'aider à comprendre certaines choses. Fidèle à lui même la naïveté du jeune apprenti est toujours présente ce qui peut être agaçant. 
 Joseph Delaney sait parfaitement faire monter ses lecteurs en pression et simplement en connaissant la fin  on comprend vite que la suite risque d'être encore plus obscure pour notre plus grand bonheur ahah!

La seule chose que je pourrais reprocher à ce tome comme beaucoup c'est le manque de présence de l'épouvanteur, il apparaît de manière irrégulière et j'aurai voulu qu'il fasse plus partie de cette aventure..

Inutile de vous le dire le tome 5 ne va pas tarder à suivre :D ! 

dimanche 8 février 2015

J'ai pas pleuré

Auteur : Ida GRINSPAN
Bertrand POIROT-DELPECH
                  Editions : Pocket jeunesse
                    Parution : Octobre 2003
 Pages :190
   Prix :  5.50 €













Déportée à 14 ans, rescapée d'Auschwitz, Ida Grinspan nous livre son témoignage sur l'horreur des camps de concentration. Dans un dialogue tout en pudeur, sa voix se mêle à celle de Bertrand Poirot-Delpech. Elle lui raconte l'indicible : la faim, la peur, la mort qui rôde. Ensemble, ils relatent également les difficultés de " l'après ", ce douloureux retour à la vie et à l'espoir


Il y'a  un peu moins de deux semaines avait lieu le 70 ème anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, j'ai donc décidé de sortir ce livre qui était depuis quelques mois dans PAL. Ce livre n'est autre que le témoignage d'Ida GRINSPAN déportée et rescapée de cet horrible camps de la mort.

A l'aide de Bertrand Poirot-Delpech, et en repondant aux questions de ce dernier Ida Grinspan nous parle de  sa vie avant sa déportation, comment  elle a perdu sa mère, déportée elle aussi, son espoir de la retrouver à Auschwitz, les conditions de vie barbares  pendant sa déportation, la perte des gens autour d'elle, les mauvais traitements infligés sur les personnes déportées, mais elle nous parle aussi de l'après lorsqu'il a fallu  recommencer à vivre, ses angoisses, la peur de ne pas avoir d'enfant,  sa dépression...

Malgré tous les témoignages que j'aie pu lire sur cette partie de l'histoire, je suis toujours autant bouleversée par toutes ces horreurs que ces gens ont  subi au nom de la religion, de leurs origines, et aujourd'hui là où notre société va mal il est bon de se remémorer ce que l'anti-sémitisme, le racisme, l'exclusion... ont entraîné il y'a des décennies.

En lisant ce témoignage on se demande comment à fait Ida pour survivre dans de telles conditions, et comment elle a reussi à reprendre sa vie ensuite. C'est un bel exemple qu'elle nous offre, son envie de vivre a dépassé l'horreur, la mort, et c'est une chance pour nous qu'elle puisse encore témoigner aujourd'hui pour continuer de dénoncer et comme ce qui est dit justement : " à lire pour ne pas oublier, l'oubli serait  aussi intolérable que les faits eux-mêmes".

vendredi 6 février 2015

Le garçon en pyjama rayé

Auteur : John BOYNE
Traductrice : Catherine GIBERT
                  Editions : Gallimard- jeunesse
Collection: Folio junior

                    Parution : Septembre 2006
 Pages : 210
   Prix :  6.60 €











Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre, car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.


Le résumé de ce livre m'a tout de suite intrigué, bien que en voyant la couverture du livre et le titre cela en dit long sur l'histoire  que John Boyle  va nous présenter il est bien sûr question d'un récit en rapport avec la période de la seconde guerre mondiale....Ce roman est beaucoup utilisé par les professeurs et je pense que c'est une bonne de chose que de pouvoir  commencer à étudier cette époque avec un "document" comme celui-ci.

Dans ce livre nous suivons Bruno un petit garçon de 9 ans originaire de Berlin, forcé de déménager avec sa famille à Auschwitz (qui devient Hoche-vite pour Bruno ) pour le travail de son père sous les ordres du führer ( Alias fourreur d'après Bruno) ...
Bruno est embêté par le fait de ne plus voir ses meilleurs amis, il ne se plait pas dans la nouvelle maison, pour lui tout est triste à mourir il pense que son père a été envoyé là parce qu'il a fait un bêtise. Bruno ne comprend pas qui sont ces personnes habillées toutes de la même manière, ni pourquoi elles sont entourées par des poteaux des fils barbelés, un jour il décide  d'aller visiter le coin et va faire la connaissance d'un petit garçon nommé Shmuel avec qui il va nouer une très belle amitié.

Suivre cette histoire du point de vue d'un enfant rempli d'innocence est une chose vraiment originale qui m'a beaucoup plus en effet Bruno ne sait pas ce que représente vraiment Auschwitz, il voit bien certaines choses, il rencontre des personnages imposants qui lui font peur, il s'imagine  que les gens dans le camps peuvent s'amuser  pendant que lui est tout seul et s'ennuie.  Lorsqu'il voit le brassard de Shmuel avec l'étoile il lui dit  que personne ne lui en a proposé et qu'il ne sait pas s'il préfère l'étoile ou celui de son père (avec une croix gammée). L'amitié entre les 2 garçons m'a beaucoup touchée, parce que pour un enfant de cet âge la religion et la nationalité ne sont pas des choses importantes tout ce qui compte c'est d'avoir un copain pour jouer.

Ce roman jeunesse peut être lu à partir de l'âge de 12 ans  cependant je pense qu'il serait bon pour des jeunes de cet âge d'être accompagnés pendant cette lecture, pour avoir des réponses à d’éventuelles questions, mais aussi parce que il y'a certains passages vraiment forts notamment la fin qui est particulièrement terrible et choquante...

lundi 2 février 2015

Frères jusqu'au dernier souffle

Auteur : Damien et Nicolas DELMER
                  Editions : XO
                    Parution : Janvier 2015
 Pages : 215
   Prix :  16.90 €














Frères jumeaux, Damien et Nicolas Delmer luttent depuis l'enfance contre la mucoviscidose, maladie génétique incurable et dégénérative. On leur avait dit qu'ils ne vivraient pas plus de dix-sept ans : ils en ont aujourd'hui trente-cinq. Malgré la souffrance et la fragilité de leurs corps amaigris, ces deux amoureux de la vie se battent pour continuer à profiter de l'existence : peindre, écrire, se baigner, et même sauter en parachute. Mais quand le quotidien devient insoutenable, la perspective de mourir dans des conditions indignes les révolte. Faute de greffes, ils risquent de partir étouffés, asphyxiés. Pour vivre pleinement, Damien et Nicolas demandent juste à ce que la loi leur permette de mourir en paix. S'ils n'obtiennent pas ce droit et que l'un des deux se retrouve dans une situation extrême, ils n'hésiteront pas à s'aider. Un pacte entre frères, unis jusqu'au dernier souffle.


J'ai eu la chance de gagner ce livre lors de la masse critique  organisée par Babélio, que je  remercie chaleureusement, ainsi que les éditions XO pour leur envoi rapide, merci beaucoup, je suis ravie d'avoir pu découvrir ce témoignage ! 

Un témoignage poignant mené par Damien et Nicolas tous deux atteints de mucoviscidose depuis leur naissance.  A travers ces 215 pages ils nous parlent de leur enfance, leur adolescence,  leur vie d'adulte avec la maladie, les soucis rencontrés de ne pas pouvoir vivre comme les autres malgré toute  la volonté déployée, les bons moments, les moins bons, mais ils nous parlent aussi d'un sujet capital qui mérite d'être pris très au sérieux : le droit de mourir dans la dignité.

Damien et Nicolas sont des battants et leur témoignage est un hymne à la vie par leur courage, un hymne à la dignité et à la justice  pour le double combat qu'ils mènent pour le droit de mourir en paix, sans souffrance ce que la loi Léonétti ne leur permet pas, compte tenu  de l'incompatibilité avec leur maladie qui malheureusement pourrait les faire mourir dans d’atroces souffrances  à cause des effets secondaires que l'injection provoquerait.

On ne peut qu'imaginer ce qu'ils subissent, prévoir sa mort alors que l'on est plein de vie mais que la maladie devient invivable et lourde à porter,  on se dit que c'est tout à fait  effroyable, cependant les deux frères ne parlent pas de ce sujet de manière fataliste, à aucun moment lorsqu'ils nous parlent de leur vie avec la maladie ils ne se plaignent... Tous les deux sont liés par un magnifique lien fraternel à la fois touchant et merveilleux !

Avec ce témoignage on  apprend beaucoup de chose à propos de la mucoviscidose, des choses qui ne sont connues que par les personnes qui vivent cette maladie, c'est une belle leçon de vie pour nous tous...