lundi 30 novembre 2015

Kinderzimmer

Auteur : Valentine Goby
 Editions : France Loisirs
             Parution :  Octobre 2015















En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.



Cela faisait un moment que ce livre m'attirait surtout  pour le contexte et la période historiques dans lesquels se déroule l'histoire. J'ai  lu ce livre en lecture commune avec Madleen du blog Lectures féeriques, ce fut une lecture rapide puisqu'en  moins de 24h nous avons fini de lire ce roman, efficaces n'est-ce pas? N'hésitez pas à aller lui rendre visite pour voir son avis.

Dans ce roman nous allons suivre Mila une jeune femme tout juste déportée en 1944 à Ravensbrück dans un camp de concentration spécialement réservé aux femmes. A son arrivée Mila va se rendre compte de l'horreur dans laquelle elle se trouve et va vite comprendre  que pour s'en sortir il va falloir qu'elle s'accroche, mais un élément va encore plus compliquer la situation  puisqu'elle va s'apercevoir qu'elle est enceinte. Bien évidemment, pas question que cela se sache pour elle commence un double combat qu'elle va devoir mener avec le soutien d'un groupe de femme : assurer sa survie ainsi que celle de son bébé.

Si dans un premier temps  j'étais enjouée à l'idée de découvrir ce roman qui a fait parler de lui , il n'en reste pas moins que j'ai été surprise par l'écriture on ne peut plus spéciale de l'auteure. En effet celle-ci se veut percutante et cadencée et dès le départ, je me suis retrouvée perdue sous ce flot d'informations incroyable. J'ai cru comprendre que Valentine Goby avait procédé ainsi  pour rendre l'histoire plus réaliste étant donné que lorsque les rescapé(e)s des camps de concentration témoignent ils ont souvent un discours déstructuré. Je pense que cette façon de procéder n'est pas mauvaise mais elle ne m'a pas convenue, j'aurai nettement préféré un récit plus aéré avec peut-être plus de dialogue entre les personnages.

Malgré ce point négatif (pour moi), ce roman contient des informations jamais évoquées et qui du coup complètent mes connaissances concernant les camps de concentration. Je n'avais par exemple jamais entendu parler de cette pièce créée par les nazis qui était en fait une chambre pour s'occuper des nouveaux-nés afin de les maintenir en vie. Il est clair que c'est totalement  paradoxal lorsque l'on y pense pourquoi créer une pièce pour maintenir la vie lorsque l'on crée un camp de la mort? C'est à la fois bizarre et beau puisque cela était  aussi synonyme d'espoir  pour les mères de ces enfants  et pour les autres détenues aussi.

Un des points qui m'a le plus touchée et qui selon moi était indispensable entre toutes les horreurs décrites, c'est l'élan de solidarité  dont les détenues ont fait preuve envers Mila et son bébé, d'après moi ce groupe de femmes a vraiment apporté un peu de fraîcheur au coeur de cette tragédie humaine.

Un roman poignant et un texte extrêmement fort qui nous plonge au coeur de l'horreur, mais l'écriture de l'auteure n'a pas su m'intéresser autant que je l'aurai souhaité  à cause des informations trop nombreuses et cadencées. Une lecture plus que mitigée pour ma part.


jeudi 26 novembre 2015

Il était 3 fois les trois petits cochons

Auteur : Davide Cali
Illustrateur: Roland Garrigue
 Editions : Nathan
             Parution :  Octobre 2015












Voilà un excellent album  grand format pour enfant qui reprend le très célèbre conte des trois petits cochons. L'originalité de cette réecriture, c'est qu'il y'a 3 versions différentes qui contiennent chacune une moralité  et bien sûr c'est 3 fois plus de bons moments passés et de rigolade.


Dans la première histoire : POUF ! ou Et si les trois petits cochons n'étaient pas dans leurs maisons? Le loup affamé arrive dans la ville de  Cochonville avec l'idée de se mettre sous la dent les petits cochons, il fait le tour des habitations mais c'est peine perdue, les petits cochons ont récemment déménagés, le loup déçu repart et se retrouve le soir devant son assiette de haricots. Tel est pris qui croyait prendre, une bonne leçon  pour ce loup qui a cru pouvoir se faire un bon festin.

La deuxième histoire quant à elle : L'ouragan ou Et si les trois petits cochons avaient un caractère de ...cochon? nous présente le portrait de Jean-Loup un cochon très gentil  qui doit supporter le caractère infâme  de ses voisins les cochons, original n'est-ce pas? Alors que le mauvais est annoncé Jean-Loup décide de faire une bonne action et part prévenir ses voisins. Alors que celui-ci rentre chez l'un par la cheminée, un des cochons prend peur et voilà les trois petits cochons emportés par la tempête avec leurs maisons ainsi que la maison du Loup.  Bien sûr lorsque les policiers découvrent les dégâts ainsi que la disparition des cochons Jean-Loup se retrouve bien embêté parce que personne ne veut croire en sa gentillesse, conclusion  il se retrouve accusé à tord. Comme quoi il faut se méfier des apparences  et ne pas avoir de préjugés,  les exceptions existent.

Dans la  troisième et dernière histoire : La grande bouffe  ou Et si le loup arrivait dans une ville peuplée de 333 333 cochons? Le loup arrivent dans une grand ville, où les cochons n'ont pas peur de lui, pour lui c'est sûr il va faire la razzia pour se remplir le ventre de tous ces bons petits cochons. Mais le loup se fait avoir quand il se rend compte que tout cela n'était qu'un rêve, ahhh la gourmandise !

Noël approche et je conseille  cet album qui en plus d'avoir 3 histoires des 3 petits cochons revisitées,a de charmantes illustrations colorées, une bonne acquisition de qualité qui ravira les petites têtes blondes (ou même les grandes d'ailleurs).

Lu et approuvé par deux petites filles de 4 et 7 ans.

mercredi 25 novembre 2015

L'épouse modèle

Auteur : Emma Chapman
 Editions : Plon
             Parution :  Mai 2014
 Pages : 280













Marta range, Marta nettoie, Marta prépare le dîner de son mari, tient sa maison, veille à ce que tout soit propre, net et lisse. Jour après jour aussi, Hector lui tend, à heure fixe, une poignée de pilules et un verre d’eau, qu’elle avale docilement, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. Sauf qu’elle a récemment arrêté. Cachées sous sa langue, les pilules ne descendent plus dans sa gorge, elle les recrache. La dépression refait surface, des hallucinations aussi, à moins que ce soient des souvenirs. À moins qu’Hector ne l’ait droguée toutes ces années. Peu à peu, le tableau parfait de sa vie rangée lui semble plus trouble : est-elle en train de devenir folle ou de retrouver ses esprits ? Qui est vraiment Marta ?


Lorsque j'ai décidé de sortir ce thriller de ma PAL je voulais un thriller, un vrai qui retourne le cerveau, le genre de thriller avec lequel les pages tournent toutes seules, finalement, bingo! L'épouse modèle contient  tous les ingrédients que je recherche en général dans un thriller,  du suspens, une bonne dose de folie, une intrigue de fer et surtout, SURTOUT ils se déroulent dans un contexte familial!

Dès le début du roman et au fur et à mesure que l'on tourne les pages une ambiance malsaine se met en place. Difficile de ne pas comprendre que dans le fond de l'histoire il y'a quelque chose d'inquiétant à découvrir notamment grâce aux flash back de Marta, qui au final se retrouve bien seule devant toute cette détresse. Son mari passe son temps au travail,  son fils a quitté la maison pour faire sa vie, sa belle-mère la déteste,elle n'a plus de famille et personne à qui se confier,  de quoi devenir folle on est d'accord.

Là où Emma Chapman joue avec nos nerfs, c'est qu'on ne sait pas sur quel pied danser,  personnellement j'ai eu beau retourner toute cette histoire plusieurs fois dans ma tête pour essayer de comprendre dans quelle direction elle souhaitait nous emmener  je n'ai finalement compris qu'après la moitié du livre.  C'est à ce moment précis que j'ai vraiment apprécié ma lecture puisque avant Marta m'a tout simplement embrouillée à détailler toute sa vie et tout ce qu'elle voyait, j'ai d'ailleurs bien faillit abandonner ma lecture à cause de ça. Un conseil : si vous lisez cette histoire accrochez-vous, persévérez le début ressemble à un gros pêle-mêle mais la suite n'en ai que meilleure surtout lorsque Marta prend les devants et décide de se rebeller à partir de là tout s'enchaîne jusqu'à la fin.

La fin laisse un gros goût amer, j'aurai aimé que l'histoire se finisse autrement mais ce qui est écrit, est écrit donc tant pis, c'est dommage. Si vous avez lu ce livre dîtes moi ce que vous en avez pensé ^^

Pour conclure, un bon thriller pour lequel il faut s'accrocher au départ avec un début chaotique,  et une fin décevante, mais un thriller qui en jette quand même et que je suis ravie d'avoir découvert.


dimanche 22 novembre 2015

Les anges ne meurent jamais

Auteur : Bérengère de Bodinat
 Editions : Flammarion
             Parution :  Mars 2015
 Pages : 255












Alors que sa maman s'apprête à partir en vacances en Grèce, Adrien, 4 ans et demi, lui demande s'il aura un jour 5 ans. Quelques jours plus tard, l'enfant se noie dans la propriété familiale. Plusieurs années ont passé lorsque la soeur de la narratrice lui remet une boîte qui contient des affaires de son fils. Bouleversée, elle tente de reconstituer le drame et entre dans une quête spirituelle.


Un témoignage ayant pour thème la mort d'un enfant, c'est délicat à lire et encore plus à chroniquer, mais je dois dire que celui-ci malgré la tragédie, à quelque chose d'exceptionnel qui le rend hors du commun.

Pour commencer, je vous préviens tout de suite, si vous êtes hostile pour tout ce qui concerne la spiritualité en général, passez votre tour, parce que ce témoignage contient énormément  d'informations concernant ce monde parallèle à celui des vivants, vous risqueriez de ne pas accrocher.

Bérengère de Bodinat nous fait part de la tragédie qui a détruit sa vie : la mort de son fils âgé de 4 ans et demi par noyade. Un événement qui l'a ravagée mais qui l'a aussi rendue plus forte en partant à la découverte de la spiritualité,  un monde qui a répondu a beaucoup de ses maux et qui au fil du temps l'a apaisé.

La mort d'Adrien a plongé  toute la famille dans un silence total à tel point que plus personne excepté sa tante et sa grand-mère n'a plus voulu reparlé de cette tragédie, l'auteure part donc à travers ces pages dans une quête de vérité pour en apprendre davantage sur les derniers moments de son enfants alors qu'elle était en voyage.

La mort est un sujet tabou, et pour cause tout ce qu'on retient en général c'est qu'elle nous apporte le malheur et qu'elle ne laisse que la tristesse. L'auteure a rendu son témoignage hors du commun en nous dévoilant une autre façon de voir la mort avec tout ce que le monde des esprits lui a apporté et finalement dans son discours elle rend la mort plus belle.  J'ai trouvé cette approche de la mort totalement positive et bienveillante, même si on ressort de cette lecture avec le cœur lourd, elle permet de voir les choses différemment et de ne pas se laisser aller dans son malheur.

Ce livre est une bible pour toute les personnes confrontées à la mort et plus particulièrement à la mort d'un enfant. Je ne dirai pas que j'ai adoré ma lecture puisque ce livre n'aurait jamais dû voir le jour, mais je peux dire que j'ai apprécié l'écriture de Bérengère de Bodinat qui a travers celle-ci délivre un très beau message d'espoir et de communication.

samedi 21 novembre 2015

Celles de la rivière

Auteur : Valérie Geary
 Editions : Mozaïc
             Parution :  Novembre 2015
 Pages : 400












Merci à Babelio ainsi qu'aux éditions Mozaïc pour la réception de ce livre.



La femme qu’emporte la rivière Crooked flotte entre deux eaux. Sur la rive, deux fillettes qui jouent dans l’après-midi ensoleillé. Elles sont les premières à découvrir le corps et, soudain, leurs jeux cessent. Leur enfance bascule dans la dureté du monde des adultes. La veille, leur père les a laissées seules suffisamment longtemps pour qu’elles puissent le croire coupable de meurtre. Pour ne pas le perdre, comme elles ont perdu leur mère quelques semaines auparavant, elles décident de mentir sur son emploi du temps… et resserrent bien malgré elles les mailles du soupçon autour de lui, le livrant en pâture à une petite ville dont les préjugés et les rancunes lui laissent peu de chances…


Comme d'habitude, il est inutile de le préciser j'ai eu un gros coup de cœur pour la couverture de ce livre qui est totalement raccord avec le lieu principal dans lequel se déroule l'histoire.

Dans cette histoire nous allons suivre deux jeunes soeurs, Ollie et Sam. Toutes les  deux vivent dans un campement  à côté d'une rivière avec leur père (surnommé Ours) depuis la mort de leur mère il y'a quelques semaines. Très vite on se rend compte que le père porte bien son nom, parce qu'à part fréquenter un couple d'amis, il vit coupé du monde, pourquoi?  Il va falloir que vous lisiez le roman pour le savoir :D

L'auteure a choisi d'alterner les points de vue de ces deux sœurs et ça aussi plus la peine de le préciser, j'adhère totalement à ce procédé qui installe un vrai dynamisme dans le récit. Je pense que si  Valérie Geary n'avait pas procédé ainsi, il y'aurait eu beaucoup de longueurs et finalement je n'aurai pas du tout accroché  parce qu'en priorité c'est cette narration qui m'a séduite (après la couverture bien sûr :)) ). Ce que j'ai apprécié aussi dans cette histoire, ce sont les nombreux rebondissements et les révélations croustillantes qui expliquent de nombreuses  choses dont le comportement du père de Sam et Ollie, c'est toujours un plaisir de se faire surprendre là où on s'y attend le moins et pour le coup, l'auteure a visé juste. 

En ce qui concerne les personnages, Sam et Ollie sont fragilisées par la perte de leur mère et la situation chaotique de leur père, rajouté à tout cela la découverte d'un cadavre, et là c'est le drame. Sam est l'aîné et prend son rôle à cœur en s'occupant de sa soeur, mais aussi en se battant  pour sortir son père de l'ornière elle est prête à tout retourner pour défendre bec et ongle son père accusé par toute la ville et ça c'est vraiment beau, surtout lorsque l'on connait l'histoire de cette famille. Ollie quant à elle est plongée dans un mutisme qui l'empêche de s'exprimer auprès de sa soeur ou de son père mais en apportant son point de vue dans le récit  elle apporte un mystère et pas des moindres puisqu'on apprend qu'elle voit les personnes décédées, une pointe de surnaturel qui m'a définitivement conquise.

Une excellente lecture dans laquelle, la nature est particulièrement bien décrite, et où les secrets et les rancunes refont surface, en bref un roman qui a sa place parmi les thrillers de qualité ! 


mardi 17 novembre 2015

Venge-moi

Auteur : Patrick Cauvin
 Editions : Albin Michel
             Parution :  Avril 2007
 Pages : 204












Une enfance, une adolescence à huis clos dans l'ombre étouffante d'une mère rescapée de la déportation et qui ressasse inlassablement ses souvenirs : la dénonciation, l'horreur des camps de concentration, la disparition de son époux..


Ceux qui me suivent régulièrement savent que je m'intéresse fortement à la Seconde Guerre Mondiale, ça faisait un  moment que je n'avais pas lu de livre sur ce thème, c'est pourquoi j'ai sauté sur l'occasion lors du dernier week-end à mille organisé par Lilie Bouquine.

Dans ce livre nous allons suivre Simon, narrateur de l'histoire et fils de déportés. Alors que sa mère arrive au terme de sa vie, elle lui révèle qu'elle et  son mari ont été victime de dénonciation et lui fait promettre de la venger. Simon part donc à la recherche de la vérité, prêt à déplacer des montagnes pour respecter la promesse faite à sa mère.

Si dans un premier temps j'ai énormément aimé suivre cette quête de la vérité, j'ai beaucoup moins apprécié que Simon reparte dans ses souvenirs d'enfance parce que du coup j'ai eu l'impression que l'histoire ne se mettrait jamais en route malgré que  ses souvenirs reflètent bien le fardeau qu'il a dû porter étant enfant. En effet ses souvenirs nous montre les difficultés pour un enfant d'avoir eu des parents déportés, d'être pointé du doigt à l'école  et de se construire par la suite.

Plusieurs rebondissements ont lieu dans l'histoire, et c'est qui m'a tenu en haleine tout le long parce qu'il serait faux de dire que ce livre n'a pas  de potentiel au contraire il se dégage de cette histoire une tristesse infinie et cette demande de vengeance de la part de la mère du narrateur est complètement compréhensible.

Au final même si ce livre n'est en aucun cas un témoignage, il représente très clairement ce que les personnes Juives ont subi  au cours de ces terribles années de guerre, c'est à dire la malveillance et la trahison de certains individus prêts à vendre père et mère pour sauver leur peau !


lundi 16 novembre 2015

J'étais à leurs côtés dans le couloir de la mort

Auteur : Tyree Bailey
Traductrice : Julia Marie
 Editions : La Boite à Pandore
             Parution :  2014
 Pages : 293












Tyree Elba Bailey, condamné à la perpétuité, a travaillé dans le Couloir de la Mort ainsi que dans l'aile la plus dure réservée aux droits communs. Il a recueilli auprès des condamnés à mort, auprès de leur famille et même des gardes, une impressionnante et émouvante série de témoignages. Il nous les livre avec l'espoir de faire entendre ces voix, toutes ces voix, celles des coupables, celles des innocents. Cet ouvrage nous force à regarder de face la laideur d'un système carcéral. Mais il nous place aussi devant notre propre conscience d'homme.



Je remercie encore une fois les éditions La Boite à Pandore pour la découverte de ce livre.

Âmes sensibles accrochez-vous, parce que du courage pour lire ce témoignage/documentaire il en faut, mais en même temps j'imagine bien que notre place en tant que lectrices et lecteurs n'est rien comparé à ce que vivent ces condamnés à plusieurs années, à mort, ou à perpétuité.

Dans ce livre Tyree Bailey, nous livre sans concession son témoignage et partage avec nous une série de témoignages venant d'autres détenus, des familles/ami(e)s de détenus, de gardiens... Tous plus poignants les uns que les autres, ces personnes nous font très clairement ouvrir les yeux sur une justice dans certains Etats Américains quasi-inexistante et bien trop  injuste qui n'hésite pas, même sans preuve à emmener des innocents devant la mort. Certains témoignages m'ont fait froid dans le dos, c'est horrifiant et tellement hallucinant  en 2014  d'être encore condamné sans preuve ou même d'être condamné à mort alors qu'il y'a des circonstances atténuantes, je n'ose pas imaginer le calvaire que doivent endurer ces personnes devant tant d'injustice. Mais ce qui est encore plus impressionnant c'est que ces personnes ne se plaignent pas et acceptent leur sort, elles gardent la seule chose qui leur reste : leur dignité.
Une grande réflexion en ce qui concerne la peine de mort s'impose...


En écrivant ce livre Tyree Bailey, dénonce l’absence de justice décente  dans certains Etats mais il dénonce aussi les conditions de vie cauchemardesques en milieu carcéral que subissent les détenus. Une agressivité constante règne entre ces murs, des détenus se suicident, d'autres se font violer, et d'autres carrément se font tuer sans que personne n'intervienne, pas même ceux qui sont là pour surveiller c'est à dire les gardiens puisque eux même  n'offrent pas les meilleurs des traitements aux détenus. 

Un témoignage/documentaire,  dur sans concession, parfois insoutenable mais nécessaire pour faire bouger les choses parce qu'il faut souvent se prendre la réalité en pleine face pour comprendre, alors il ne peut que faire du bien à l'esprit de celui ou celle qui le lira. 


vendredi 13 novembre 2015

Le garçon d'à côté

Auteur : Katrina Kittle
Traductrice : Nathalie Barrié
 Editions : Le Livre de Poche
             Parution : Mars 2013
 Pages : 576












Dans la banlieue tranquille du Middle West où Sarah vit avec ses enfants, Nate et Danny, la nouvelle fait l’effet d’une bombe : leurs voisins, et amis, les Kendricks sont accusés de pédophilie. L’horreur était sous ses yeux, et pourtant Sarah n’a rien vu, rien senti... Malgré l’équilibre fragile qu’elle tente de maintenir au sein de sa famille depuis la mort de son mari, elle décide d’accueillir Jordan, le fils des Kendricks, victime d’abus. Sarah, Nate et Danny – l’adulte, l’adolescent et l’enfant – vont devoir changer de regard, réinventer leurs rôles respectifs et leurs certitudes pour redonner à Jordan goût à la vie et l’aider à grandir.


J'ai sorti ce livre de ma PAL pour une lecture commune avec  Valentine du blog Le Brocoli de Merlin, de très bons échanges puisque nous avons toutes les deux apprécié notre lecture, à refaire ^^. ET  je suis obligée de le dire : au bout de quatre lectures communes désastreuses, celle-ci a été la bonne, ma malédiction m'a quittée, oh yeah!

Revenons aux choses sérieuses ! 

A travers cette histoire dramatique, l'auteure aborde des sujets tels que l'inceste et la pédophilie, deux sujets complexes et risqués dans une fiction, car il faut faire attention de  ne pas tomber dans les extrêmes. Pari gagné pour Katrina Kittle, cette histoire ne dégouline pas de niaiserie au contraire, elle a su trouver le bon équilibre, et avoir une maîtrise quasi parfaite de ces sujets délicats.

Un des points forts de ce roman est la narration. L'auteur a choisi de mettre en lumière le point de vue de Sarah, Nate, Danny et Jordan, et pour ce faire  la voix de ces personnages alterne à chaque nouveau chapitre. Il est indéniable que ce genre de narration crée une dynamique intéressante et apporte davantage de profondeur et d'informations plus détaillées à l'histoire. L'autre point fort est l'écriture, fluide  c'est un réel plaisir de tourner les pages sans se rendre compte du temps qui passe.

En ce qui concerne les personnages principaux, je les ai tous trouvé attachants. J'ai eu un peu de peine pour la pauvre Sarah qui tombe de haut en apprenant que Courtney n'est pas vraiment l'amie parfaite. Les apparences sont parfois trompeuses, on ne connait pas  toujours parfaitement les personnes que l'on côtoie, c'est un des messages que l'auteure nous fait passer à travers l'exemple de cette amitié nocive. Mais ce que je retiens essentiellement c'est la solidarité dont fait preuve cette famille déjà secouée par le malheur envers Jordan pour le sortir de l'ornière.

Vous l'aurez compris ce livre a pas mal de points forts, mais il en a aussi un faible je dirai même que c'est un gros défaut qui peut nuire à l'histoire. Ce gros défaut c'est le résumé, il en dit tout simplement beaucoup trop, avec moins d'information  le lecteur pourrait avoir un véritable effet de surprise, un gros bonus qui pourrait déclencher un coup de cœur, pour ma part c'est ce que j'ai ressenti et c'est ce qui a failli provoquer une grosse déception mais heureusement les points forts ont su me faire changer d'avis.

Pour conclure, Le garçon d'à côté est un roman aux sujets sensibles qui certes refroidissent et peuvent mettre mal à l'aise  mais ils nous entraînent dans certaines réflexions notamment  par rapport aux réactions parfois étonnantes que peuvent avoir les victimes de ces maltraitances et mettent également en avant les facultés que l'humain a pour se reconstruire après avoir subi l'horreur, d'ailleurs la fin de l'histoire est extra.

Tant que vous y êtes, passez voir la chronique de Valentine qui est très complète :D

mardi 10 novembre 2015

Au boulot, chômette !

   Auteur : Alexandra Tressos- Le Dauphin  
 Editions :  La boite à Pandore
             Parution : 2014
 Pages : 164













Ce livre raconte avec humour et une foule d'anecdotes drôlissimes le parcours du combattant d'une jeune trentenaire qui, après son congé de maternité, décide de retourner dans le monde du travail. Des entretiens absurdes aux phrases assénées style " z'êtes trop diplomée faudrait réduire sur votre CV " aux propositions farfelues, Chômette décide de ne pas se laisser démonter et part à l'assaut du Monde du travail ! Toutes les situations sont vraies et nombre d'entre nous se reconnaîtront dans cette folle course au job.


Tout d'abord je tiens à remercier la maison d'édition La Boite à Pandore pour la confiance  qui m'est accordée et bien sûr pour l'envoi de ce livre.

Bon, bon, bon ...

Je dois bien avouer que si j'ai décidé de chroniquer ce livre, c'est parce que je fais moi même partie des ami(e)s de Pôle (autrement dit je suis une galérienne mouhaha), mais j'ai aussi été attirée par le titre et la couverture qui ont le mérite d'être à la fois simples et accrocheurs.

Attention lecteur dès l'ouverture du livre, dès la première page, dès les premières lignes (ok j'arrête), tu vas comprendre que l'humour est bien au rendez-vous, que tu as entre les mains une lecture fraîche, pleine de punch et ça,  quoi de mieux en ces temps où la morosité à tendance à être un peu trop présente autour de nous tous.

Si toi aussi tu es demandeur d'emploi/chômeur/chômeuse ou que tu l'as été, alors c'est certain tu as de grandes chances de trouver au moins une situation similaire à la tienne au cours de ce récit.
Si tu n'es pas demandeur d'emploi, et si tu ne l'as jamais été, alors lis ce livre et  prends-en de la graine, parce qu'il est toujours bon de comprendre ce que c'est d'être demandeur d'emploi/chômeur (c'est presque un métier, presque).

Alexandra Tressos- Le Dauphin dépeint parfaitement ce monde professionnel impitoyable, dans lequel il faut avoir une bonne endurance afin de tenir le coup pour enfin atteindre le Saint Graal, c'est à dire un boulot et dans lequel il faut supporter certaines situations hallucinantes, énervantes, écœurantes... Un livre à mettre d'urgence en toutes les mains!

 Merci Alexandra de nous transmettre votre expérience, avec autant de légèreté et d'humour mais aussi de nous apporter vos conseils parce que pour le coup avoir des conseils d'une personne qui est ou a été dans la même situation que soi, c'est chouette, merci pour votre punch communicatif et votre sympathie. Je souhaite longue vie ainsi que beaucoup de succès à "Au boulot, chômette".

jeudi 5 novembre 2015

Avant la haine

Auteur : Thierry Cohen 
 Editions : Flammarion
             Parution : Novembre 2015
 Pages : 660








Deux enfants, un juif, un musulman, deviennent amis. 
Ils grandissent, apprennent, se découvrent, s'intègrent. Ils ont des rêves, des espoirs, des luttes communes. Des amours aussi. Puis apparaissent les fissures, naissent les désaccords, s'expriment les ressentiments, s'insinue la violence. 
Jusqu'où ? 
Jusqu'à la haine ? 
Avant, Raphaël et Mounir se voyaient comme des frères. 
Peuvent-ils renouer avec l'amitié dont ils étaient si fiers... ou bien est-il déjà trop tard ?


Je remercie Babélio  parce que sans sa masse critique, je serai sûrement passée à côté de ce bijou sans le savoir, je remercie également les éditions Flammarion. Comme tout bon coup de coeur qui se respecte = une chronique difficile à écrire, c'est parti pour quelques heures de reflexion ^^

C'est la première fois que je lis  un roman de cet auteur et franchement pour une première, c'est grandiose. Si dans un premier temps j'avais une appréhension concernant le nombre de pages pour l'un des grands thèmes mis en avant : la religion, en pensant qu'il y'aurait sûrement des longueurs ou, voire même que le récit en aurait été alourdit, j'ai vite changé  d'avis  en commençant ma lecture. 

Dans ce livre, Thierry Cohen dresse le portrait de deux  personnages Raphaël et Mounir, l'un juif l'autre musulman ils ont en commun d'être arrivés sur le sol Français pendant leur enfance  tous les deux venus du Maroc avec leurs familles. C'est par hasard qu'ils vont se rencontrer à l'école et si l'un a plus de mal à s'intégrer que l'autre, tous les deux  vont faire de leur différence une force, c'est ainsi qu'ils vont se lier d'amitié.

Leur amitié traverse les années, ensemble ils grandissent, s'élèvent contre l'injustice, contre le racisme dont ils sont  victimes, mais comme  dans toute amitié il y'a des accrochages, des divergences d'opinions et parfois des paroles qui peuvent être fatales. Pour Raphaël et Mounir devenus adulte, la haine s'installe petit à petit, jusqu'au jour où leurs souvenirs d'enfance, et les années passées ensemble ne suffisent plus pour accorder leurs opinions religieuses.

Pour la centième fois : Ce livre est majestueux je ne le dirai jamais assez. C'est une vraie mine d'or, il devrait être mis entre toutes les mains, parce qu'au delà de l'amitié qui lie  Raphaël et Mounir, au fil des années les protagonistes se posent mille et une questions, s'engagent dans des débats sur de grands sujets politiques, religieux, historiques, culturels... Je suis époustouflée par toute les informations et par l'argumentation fournies, un travail de maître constructif et instructif vraiment plaisant

L'auteur a fait preuve d'ingéniosité en mettant en place une narration alternant entre Raphaël et Mounir, cela permet de bien différencier l'identité des  deux personnages et de ne pas se perdre dans le flot d'informations. Mais surtout cela permet de voir que leurs religions ne sont pas si éloignées l'une de l'autre et de se rendre compte qu'au final tout n'est que question de respect et de tolérance.  

Je ressors de ma lecture conquise, et avec des connaissances supplémentaires, quoi de mieux que d'allier le plaisir de la lecture à la culture ?... Ah la magie des livres...

Un roman époustouflant, enrichissant, tellement profond et rempli d'humanisme, un grand bravo Mr Cohen, et merci pour ce bon moment passé en compagnie de Raphaël et Mounir !