lundi 28 mars 2016

Le voile de la peur

Auteur :  Samia Shariff
 Editions : Retrouvées
Parution :  Mars 2013














Née en Algérie dans une riche famille musulmane pour qui la naissance d'une fille est une véritable malédiction, totalement dominée par son père, Samia se retrouve mariée de force à seize ans. Son époux la viole, la roue de coups, menace de la brûler vive. Elle mettra au monde six enfants dans cette atmosphère saturée de chantage et de peur. Afin de soustraire sa progéniture, surtout ses deux filles, à cette culture de soumission, Samia Shariff traversera frontière sur frontière, au gré des centres d'hébergement et de difficultés de toutes sortes, pour trouver enfin un havre de paix en France, puis au Canada. 


 Il est toujours important de se tenir informé de ce qui se passe dans le monde et de notamment connaître la condition des femmes dans les pays Orientaux  pour ce faire les témoignages sont parfaits. Ils représentent une mine d'informations non négligeables qu'il est intéressant de découvrir.

Le témoignage de Samia Shariff fait froid dans le dos, malmenée depuis  toute petite parce que c'est une fille, sa vie ne sera qu'une succession de maltraitance en tout genre. Parce que sa famille est intégriste, elle ne connaîtra que la violence, de la part de ses parents et ensuite de la part de celui qui deviendra son mari après un mariage forcé. Brimades, coups, insultes elle mettra des années à échapper  à la tyrannie en revenant en France avec ses enfants mais au vue des problèmes d'intégration elle migrera au Canada.

Que dire à part que ce témoignage est rempli de souffrances, que ça fait mal au coeur de voir encore des femmes dans le monde se faire maltraiter sous le prétexte de la "religion". Jusqu'à la dernière page on est pris dans l'angoisse, on espère qu'une chose qu'elle et ses enfants s'en sortent, et dans les dernières pages on souffle de soulagement pour eux, la liberté est enfin là. Le témoignage de Samia Shariff est représentatif  de ce que vivent les femmes dans les pays Orientaux, parce qu'elles ont eu le malheur d'être des filles et non des garçons  à la naissance, mais il représente aussi la condition des femmes dans un pays où l'intégrisme règne et où leur liberté n'existe pas. L'auteure a sorti un autre livre pour  parler de sa vie d'après, "Les femmes de la honte" je le lirai bien volontiers ainsi que celui de sa fille aîné Norah Shariff "les secrets de Norah.


jeudi 24 mars 2016

Enfants de Nazis

Auteur :  Tania Crasnianski
 Editions : Grasset
Parution :  Février 2016







Un grand merci aux Éditions Grasset de m'avoir permis de découvrir ce livre





Jusqu’en 1945, leurs pères étaient des héros. Après la défaite allemande, ils sont devenus des bourreaux. Eux, ce sont les enfants de Himmler, Göring, Hess, Frank, Bormann, Höss, Speer et Mengele, ces noms synonymes de l’horreur nazie.
Ces petits Allemands ont vécu la seconde guerre mondiale en privilégiés, entourés par des parents affectueux et tout-puissants. Pour eux, la défaite allemande a été un coup de tonnerre. Innocents, inconscients des crimes paternels, ils en ont découvert toute l’étendue. Certains ont condamné, d’autres n’ont cessé de révérer ces hommes honnis par l’humanité entière.


La seconde guerre mondiale est une période de l'histoire qui m'intéresse particulièrement, certains points m'intriguent plus que d'autres notamment la vie des enfants de figures emblématiques du Nazisme, je suis donc ravie d'avoir pu assouvir ma soif de connaissances grâce à  cet ouvrage très complet.

Tania Crasnianski dresse les portraits des descendants de hauts dignitaires Nazis, elle a étudié et retranscrit sans jugement le parcours de chacun d'entre eux et répond à de nombreuses questions, que l'on s'est sûrement tous posées un jour. Quels liens ont-ils entretenus avec leurs pères? Comment vivre avec un nom diabolisé par l'Histoire ? mais aussi, quelle part de responsabilité des crimes est transmise aux descendants? Des questions aussi fortes que nécessaires puisqu'elles apportent des éléments de compréhension notamment par rapport à leurs façons de penser et de ressentir les choses.

La diversité des portraits donne une diversité de sentiments, certains adorent leurs pères d'autres les détestent au point d'avoir de la haine envers eux, d'autres encore font la différence entre le père et le coupable. Les descendants cités dans ce livre, ont en commun d'avoir vécu dans l'opulence pendant la guerre, d'avoir été aimés et élevés avec cette idéologie Nazie, mais à la fin de la guerre ils se sont retrouvés exclus à cause de leurs noms. Le fait d'être exclus a entraîné un sentiment d'incompréhension notamment chez ceux qui idolâtraient leurs pères comme par exemple Gudrun Himmler, Edda Göring, Wolf R Hess et bien d'autres... qui ont consacré leurs vies à défendre et à nier la responsabilité de leurs paternels dans les horreurs commises en les faisant passer pour des martyrs, d'autres ont passé leurs vies à essayer d'arranger les choses en allant visiter des camps avec des personnes/familles déportées, ou en se convertissant au Judaïsme.. mais surtout en démontrant que l'origine du mal n'est pas encrée dans la génétique et qu'un nom ne fait pas la mentalité d'une personne. Il est intéressant de voir qu'au sein d'une fratrie tous n'ont pas eu la même façon de voir leurs pères, quelques-uns se sont carrément fait renier par leurs familles pour  avoir été à l'encontre de ce que la majorité pensait être vrai. L'auteure a aussi constaté que dans certains cas la culpabilité saute des générations, ainsi des enfants de Nazis, ont vécu comme si  rien n'était alors que leurs petits enfants / petites nièces/ petits neveux ont mal réagi face à la découverte de leurs origines.

En conclusion c'est un magnifique travail de la part de l'auteure, elle publie un excellent livre bourré de ressources, on peut retrouver à la fin du livre, une grande bibliographie, des notes,  faisant référence à de nombreux ouvrages. Ci-dessous une vidéo, vous pourrez y découvrir plus amplement ce livre qui est un petit bijou et qui mérite d'être reconnu pour sa qualité !

mardi 22 mars 2016

De la rage dans mon cartable

Auteur :  Noémya Grohan
 Editions : Hachette
Parution :  Janvier 2014
Lu en e-book 















« Je crois que c’est après cet épisode que j’ai commencé à mettre un mot sur ce qui m’arrivait.La solitude, le sentiment de décalage, dès le début, je les avais déjà ressentis. Le harcèlement scolaire, c’était un mot plus grave. Mais plus les jours passaient, plus l’évidence était là, sous mes yeux. Je n’étais pas qu’une élève chahutée par quelques meneurs. Beaucoup d’autres les avaient imités et me traquaient en permanence. J’étais devenue une cible. »


Le harcèlement scolaire, un fléau qui se propage de plus en plus et qui est de plus en  plus puissant malgré toute la prévention mise en place. Le harcèlement scolaire celui qui ne détruit pas seulement les années d'école, mais celui  qui  a le pouvoir aussi de détruire  intégralement une personne et pour toujours. Alors est-ce qu'on peut s'en sortir, aller l'avant? OUI c'est ce que nous explique Noémya Grohan.

Noémya était une élève comme tant d'autres  lors de son entrée en 6 ème mais elle a été prise pour cible par deux filles de sa classe, se moquant d'elle à cause d'un problème de mâchoire. Deux élèves auront raison de sa descente aux enfer, puisque rapidement d'autres élèves  rejoignent le clan de ces deux filles. Les années de collège seront pour elle abominables,  insultes, agressions répétées, elle passe de bonne élève à élève en échec scolaire sans que personne ne bouge. Arrive ensuite le lycée, nouvelle école, nouveaux élèves, nouvelle classe elle se fait des amies seulement, le harcèlement subit durant toutes ces précédentes années laisse des traces indélébiles et le virage est dur à prendre, elle perd pied, le cauchemar de ces années où  elle a été victime va la poursuivre et va lui faire remettre sa vie en question jusque dans sa vie d'adulte où enfin elle va finir par trouver la paix.

Le témoignage de Noémya montre a quel point le harcèlement scolaire fait du mal, à quel point il brise une personne et à quel point tout ce mal reste  même avec le temps qui passe, il peut avoir un impact sur une vie professionnelle ou même une vie privée. C'est un témoignage d'espoir, qui devrait être partagé dans toutes les écoles, lu par chaque élève et chaque pédagogue afin que  tout le monde ouvre les yeux et que ce fléau grandissant cesse d'empoissonner des vies, voire même des familles...


dimanche 20 mars 2016

Nuit de septembre

Auteur :  Angélique Villeneuve
 Editions : Grasset
Parution :  Mars 2016















« Tu as perdu ton fils il y a quelques semaines. Une nuit, il s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé. Alors, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s’il se souvient de ça quand tu vois des choses belles. »


Ce livre est une grande découverte pour moi puisque je ne connaissais pas du tout Angélique Villeneuve, je suis donc ravie de faire connaissance avec sa plume poétique, malgré un thème très fort.

La mort d'un enfant est une perte indéfinissable  et choquante pour des parents, elle est encore plus violente lorsque l'enfant  décide de mettre fin à ses jours, ne laissant derrière lui  que des questions sans réponses et des traces de son existence. La perte d'un enfant, c'est ce qu'a vécu Angélique Villeneuve, une nuit de septembre lorsque son fils s'est donné la mort. L'auteure témoigne du choc  engendrer par un telle tragédie, le sentiment d'hébétude qui s'en est suivit, l'annonce, l'enterrement, les premiers jours, les premiers mois, les premières fois, l'après tragédie, la vie qui doit continuer malgré tout.

Angélique Villeneuve a une écriture poétique et concise, les chapitres sont courts et transpirant d'amour. C'est un témoignage courageux et remarquable qui aidera sûrement d'autres parents victimes de ce genre de situation. Comment surmonter la perte d'un enfant lorsque aucun mot n'existe ? Peut-être justement n'y a t'il aucun mot assez puissant pouvant qualifier et apporter un sens à ce malheur. Une ode  à la vie qui continue,  une ode à l'amour d'une mère pour son fils. Loin de patauger dans le pathos ou dans la plainte, Angélique Villeneuve inaugure un récit tragique et beau à la fois, je vous le conseille 1000 fois.

vendredi 18 mars 2016

Les oubliés du dimanche

Auteur :  Valérie Perrin
 Editions : Albin Michel
Parution :  Mai 2015














Justine, 21 ans, est aide-soignante dans une maison de retraite où elle se sent bien. Elle vit avec un grand-père taciturne et solitaire, une grand-mère peu affectueuse, et son cousin Jules qu’elle considère comme son frère. Marquée par l’accident qui a coûté la vie à ses parents et ceux de Jules, Justine se jette à corps perdu dans le travail… et les histoires des autres, car sa propre histoire lui échappe. Murés dans le silence, ses grands-parents refusent d’évoquer le passé. Alors elle se tourne vers ceux qui se souviennent. Ces « petits vieux » dont elle aime par-dessus tout écouter les souvenirs. Et tout particulièrement ceux d’Hélène, sa résidente préférée.


Les oubliés du dimanche, un excellent roman sur le 3 ème âge  et les souvenirs d'une vie. Justine a 21 ans et décide d'écrire les mémoires d'Hélène, une forme d’échappatoire dont elle a réellement besoin.

Tout au long du récit les chapitres s'alternent, d'un côté nous avons l'histoire d'Hélène la résidente préférée de Justine se retranchant sur une plage imaginaire, ayant eu une vie tourmentée, faite de trahison, de tragédie notamment lors de la Seconde Guerre Mondiale où tout va se jouer pour elle et son grand amour Lucien. D'un autre côté, nous avons Justine vivant avec un passé douloureux, elle voudrait en savoir plus sur l'accident qui a emporté ses parents, mais ses grands-parents garde le silence, entraînant ainsi un malaise qui la pousse à s'impliquer de façon excessive dans son travail. Et puis à côté de tout ça,  il y'a aussi un corbeau qui sévit au sein de la maison de retraite, un corbeau discret que personne n'a jamais vu, qui appelle à partir d'une chambre les familles des résidents pour annoncer leurs décès.

Les oubliés du dimanche fait partie de ces livres avec lesquelles on ne s'ennuie pas une seconde.  Dès le début un bon rythme est donné, les chapitres sont courts, nous alternons entre différentes périodes, c'est fluide et en seulement 379 pages l'auteure arrive à mettre en avant plusieurs personnages attachants,  des histoires de famille poignantes  et surtout à aborder une thématique qui se fait rare en littérature : La vieillesse  et tout ce qui va avec la solitude, les changements de caractère, la fin de vie mais aussi et SURTOUT ce qui représente le moteur du récit : les souvenirs. 

Si vous êtes adeptes, des histoires de famille et de leurs secrets,  si vous aimez ce qui se rapporte aux souvenirs alors vous aimerez à coup sûr ce roman !

dimanche 13 mars 2016

Sous le soleil ... Pas exactement

Auteur :  Frédéric Deban
 Editions : La Boite à Pandore
Parution :  Février 2016














Sous le Soleil (1996- 2016) Vingt ans déjà que le premier tour de manivelle était donné pour cette série qui allait connaître un succès mondial. À l'occasion de cet anniversaire, un des acteurs principaux, Frédéric Deban, alias Grégory Lacroix, a eu envie de raconter l'envers du décor. Dès la diffusion du premier épisode de cette série culte, des millions de téléspectateurs, dans l'hexagone d'abord, et ensuite dans plus de 135 pays, ont suivi les aventures de cette bande de jeunes. 


Je remercie les édition La Boite à Pandore pour l'envoi de ce livre.

A travers ce livre, Fréderic Deban nous parle de l'envers du décor, les détails inconnus du grand public. En tant que téléspectatrice à l'époque j'étais  charmée par cette équipe de choc vivant des situations dans lesquelles tout le monde pouvait se reconnaître, j'attendais impatiemment chaque épisode pour suivre leurs péripéties, mais j'étais loin d'imaginer que derrière toutes ces mises en scène, il y'avait un autre monde plus sombre,  fait de galères pour les acteurs. 

Etre un acteur de sous le soleil n'a pas été tout rose, Frédéric nous le fait parfaitement comprendre. Job précaire, beaucoup de travail pour peu de reconnaissance, après la gloire, la descente aux enfers, problèmes financiers, de santé, l'auteur dépeint la dure loi de ce monde pouvant vous faire monter très haut comme vous faire chuter très bas.

 Heureusement, il y'a les bons moments, les belles rencontres, les liens qui se sont créés pendant le tournage de la série et qui perdurent dans la vie privé, nous avons d'ailleurs dans ce livre les témoignages de quelques acteurs  tels que Bénédicte Delmas, Tonya Kinzinger, Adeline Blondieau, Roméo Sarfati, Joséphine Jobert, Nadège Lacroix, Marie-Christine Adam, David Brécourt, Tom Leeb, Delfine Rouffignac, Christine Lemler, Nicolas van Beveren, Nathalie Marquay-Pernault... Des confidences  et des anecdotes bonus  nous replongeant au coeur de la série et nous apportant des infos complémentaires, ma préférée c'est la rencontre de Frédéric Deban avec Brigitte Bardot, une rencontre ou plutôt des rencontres mémorables qui m'ont bien fait rire, ça vaut le détour, je vous le garantie.

En conclusion, une excellente plongée dans ce livre mettant en avant cette série qui  a fait rêver plus d'un(e) fan. Un vrai plaisir d'avoir des détails pour certains épisodes, des anecdotes croustillantes, de savoir ce que les acteurs sont devenus mais aussi de découvrir la plume de Frédéric Deban qui se veut honnête et cash, il nous fait découvrir  l'envers du décor de SLS comme on ne l'avait jamais vu auparavant  !

mardi 8 mars 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes

Auteur :  Anna McPartlin
 Editions : Cherche Midi
Parution :  Février 2016














Quand Mia, que l’on surnomme affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre, même si elle refuse de l’accepter, tout comme ses proches qui assistent, impuissants, au déclin de leur fille, sœur, mère ou amie. Tous sont présents à ses côtés pour la soutenir : Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant ; Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille ; Marjorie, sa meilleure amie et confidente ; et enfin Juliet, sa fille de 12 ans, qu’elle élève seule. 


Je fais partie de celles et ceux qui suivent assidûment Pretty Books,  blogueuse et booktubeuse  qui fait souvent envie avec ses belles découvertes. Généralement, je ne cours pas après les livres qui se révèlent être des coups de coeur pour la plupart des lecteurs, parce qu'ils font l'effet inverse sur moi et bien souvent ça finit en flop, mais pour celui-là je n'ai pas hésité et quelle belle découverte, un bijou !

Pendant neuf jours, nous allons suivre  Mia alias Rabbit, une femme d'une quarantaine d'année atteinte d'un cancer en phase terminale. Neuf jours pendant lesquels nous allons aussi suivre les membres de sa famille et en apprendre davantage sur chacun d'eux.Si je devais résumé ce roman en quelques mots, je dirai que ces 454 pages sont source de lumière et d'amour malgré la thématique complexe et profondément triste, il émane de cette histoire une force exceptionnelle et un courage infaillible.

 La maladie, la fin de vie, le deuil, Anna MacPartlin a fait admirablement le tour de ces sujets et les a traiter sans tomber dans le pathos, oui le personnage principal n'a plus que quelques jours à vivre, et alors? Ne dit-on pas que  l'on  peut ajouter de la vie aux jours lorsqu'on ne peut plus ajouter de jours à la vie? C'est exactement ce que fait l'auteur. J'ai adoré les piques que les personnages se sont parfois lancés, l'humour est présent notamment chez Molly la mère de Rabbit qui n'en loupe pas une avec ses gaffes, et l'on s'aperçoit que cet humour est contagieux, il appartient à tous les membres de cette famille, peut-être parce que devant le malheur, l'humour reste  la meilleure manière de faire face.

 Tous les personnages sont admirables, ils ont tous un caractère différent qui les rend attachants et l'élan de solidarité qui s'installe au sein de cette famille est vraiment beau à voir. Rabbit sait que  la fin  est  très proche et pourtant  elle reste sereine en retrouvant son  Johnny dans ses rêves, elle ne se soucie que d'une chose : protéger un maximum sa fille Juliet et de la mettre à l'abri  pour ne pas que cette situation la détruise, quelle plus belle preuve d'amour de la part d'une mère qui doit s'en aller ...

Même en prenant tout mon temps pour lire ce roman, il s'est terminé bien trop vite,  j'aurai voulu que cette histoire ne s'arrête jamais, seulement le destin de Rabbit  Hayes est scellé, il devait donc y avoir une fin. Un coup de coeur phénoménal, Les derniers jours de Rabbit Hayes fait désormais partie de mes livres préférés ! 

lundi 7 mars 2016

Le passage du diable

Auteur :  Anne Fine
 Editions : École des loisirs
Parution :  Décembre 2013













Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère - qui l'a gardé reclus, à l'écart du monde extérieur, et qui n'a cessé de lui répéter qu'il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer. Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l'emprise de sa mère. Pris en charge par le Dr Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu'il tenait pour vrai jusque-là n'était qu'un tissu d'histoires racontées pour le protéger. 
Mais le protéger de quoi ? De sa vie d'avant, Daniel n'a gardé qu'une maison de poupée. Et pas n'importe quelle maison de poupée : c'est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu'à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?



Se replonger dans un livre des éditions l'école des loisirs après des années et des années c'est excellent. La dernière fois que j'en ai lu un j'avais 10 ans, j'étais en CM2 et j'avais lu Pépé la boulange que j'avais adoré, nostalgieeeeee bonjour 17 ans se sont écoulés mais ça ne m'a pas empêchée d’apprécier cette nouvelle lecture :)))

Le résumé m'a sauté aux yeux et pour cause les histoires diaboliques de maison hantées, vivantes... c'est ce que je préfère. Cette maison de poupée qui est la copie conforme de la maison natale de la mère de Daniel ne m'a pas laissée sans penser  à une version récente du film d'Amytiville, ahhh là ça commence à être flippant n'est-ce pas?

Au départ j'ai eu peur d'avoir affaire à une histoire de mère abusive faisant tout pour garder son fils et puis en avançant dans le récit, c'est flagrant il y a quelque chose de louche, et là je me suis posée des questions : Pure imagination enfantine? Problèmes psychiatriques? Maison ensorcelée? ... c'est dingue ce qu'un livre peu nous en faire imaginer des  choses en quelques instants. J'ai deviné rapidement quel était le problème mais cela n'a pas entravé tout le plaisir que j'ai eu  à découvrir cette histoire machiavélique. Daniel est un personnage attachant,  et mature, c'est un personnage qui nous impressionne par sa maturité malgré qu'il ait passé ses premières années de vie  cloîtré avec sa mère. On ne s'imagine vraiment pas à quoi il va être confronté lorsqu'on lui annonce qu'il va devoir aller vivre avec son oncle, à ce moment précis l'histoire prend un tournant intéressant, la deuxième partie est pour moi la plus passionnante comparé à la première où les bases du récit son posées.

Un excellent livre jeunesse comme je n'en avais plus lu depuis un certain temps, c'est à dire un livre jeunesse dans lequel l'auteur y a mis de bonnes bases, une écriture soutenue, ni trop simple, ni trop difficile à suivre c'est un livre qui peut donc aisément  s'adresser sans problème à divers publics, même plus âgés sans tomber dans la facilité, je le conseille !

jeudi 3 mars 2016

Les séparées

Auteur :  Kéthévane Davrichewy
 Editions : 10/18
Parution :  Janvier 2012














Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l'enfance ne se quittaient pas se sont perdues. Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d'autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice. Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. 


J'ai lu cet e-book pour le challenge Pari tenu lancé par Hylyrio du blog Lire sous la lune.  Un de mes objectifs  est de lire au moins un e-book par mois, c'est donc chose faite pour le mois de février.

Les séparées un tout petit roman contemporain mettant en avant une histoire d'amitié perdue entre deux femmes. Alice et Cécile ont vu leur amitié fusionnelle s'éteindre avec le temps pour de multiples raisons,  nous allons les retrouver toutes les deux se posant mille et une questions, chacune de leur côté, chacune de leur manière elles vont  exposer leur point de vue et essayer de comprendre cette rupture amicale.

L'histoire en elle même est vraiment belle, on découvre deux femmes fortement liées l'une à l'autre malgré cette coupure mais on découvre aussi que cette amitié est parsemée de jalousie, de trahison. L’alternance des points de vue nous permet de cerner le caractère de chaque personnages en profondeur et donc de mieux comprendre pourquoi aujourd'hui elles se détestent, alors qu'hier elles étaient tout l'une pour l'autre. Des années Mittérand à nos jours elles nous transportent au gré de leurs souvenirs tout en confiant  les secrets inavoués, ces choses si bien cachées qui ont fini par ronger ce lien si fort.

Ce roman a la qualité de mettre en avant un thème fort connu de tous, l'amitié dans toute sa splendeur, la véritable amitié celle qui lie les gens, celle qui peut  décevoir et rester en suspend ou complètement s'oublier. Mais ce roman a aussi le gros défaut de manquer cruellement  de structure, un gros point noir qui peut vite faire perdre tout repère au lecteur. Je n'ai pas non plus adhéré à la fin qui se termine bien trop vite à mon goût, c'est une fin facile alors qu'il y'aurait eu encore tant de choses à dire...

J'ai beaucoup apprécié cette histoire d'amitié même si le fait qu'elle manque de structure m'a parfois dérangée en effet passer du présent au passé et vice versa c'est bien mais lorsque l'on ne s'y attend pas, c'est vraiment désagréable ! La fin m'a également laissé sur ma faim, je ressorts donc de ce roman avec un avis mitigé.

mardi 1 mars 2016

Alice et l'épouvanteur - Tome 12

Auteur :  Joseph Delaney
 Editions : Bayard jeunesse
Parution :  février 2016














Afin de détruire le Malin, Thomas Ward doit accomplir un dangereux rituel à la fête d'Halloween. Pour cela il possède deux armes sacrées et en cherche une dernière, une lame nommée Douloureuse, cachée dans le repaire du Malin. Alice doit la récupérer, et donc retourner dans le monde de l'Obscur. En danger permanent, la jeune sorcière remonte les traces de son mystérieux passé.


Quel plaisir de pouvoir continuer la saga de l'épouvanteur, c'est avec impatience que je l'attendais et voici un nouvel opus dédié à Alice Dean sorcière et amie de Tom l'apprenti épouvanteur .

Nous suivons  Alice dans le monde de l'Obscur, un monde dans lequel elle va risquer sa vie à chaque instant pour mener à bien sa quête et ramener  la lame douloureuse qui servira à détruire le Malin.  Au cours de ce périple,  nous allons retrouver certains personnages des tomes précédents tels que Thorne,  Morwène, Lizzie l'Osseuse... et nous allons aussi en rencontrer d'autres  qui nous permettront de mieux comprendre ce que représente le monde de l'Obscur, les dangers ainsi que les créatures qui s'y trouvent.

Ce tome enrichit la saga en mettant un des personnages principaux en lumière et pas n'importe lequel puisque la place d'Alice n'est pas évidente. Cette partie est complémentaire des autres tomes et va nous faire découvrir le passé d'Alice, nous faire découvrir qu'effectivement elle ne fait pas partie des mauvaises sorcières, même si sa loyauté envers Tom depuis le début nous l'a confirmé depuis longtemps. En fermant le livre je l'aime encore plus cette petite Alice.

Encore une fois Jospeh Delaney frappe fort avec cet avant dernier tome tant attendu par les fans de cette saga époustouflante qui ne faillit jamais. Malgré tout le bonheur de retrouver Alice, il y'a le manque de Tom que l'on pas vu depuis un moment, sans compter que j'ai été surprise par la fin qui a le don de mettre l'eau à la bouche l'attente du  13 ème tome va être dur.