jeudi 30 juin 2016

Une femme blessée

Auteur : Marina Carrère d'Encausse
Editions : Pocket
Parution : Juin 2016














Admise à l’hôpital de Souleymaneh, dans le Kurdistan irakien, Fatimah préfère taire les circonstances qui l’ont vu brûler vive. Accident domestique ? Chacun au village, à commencer par son mari et sa famille, feint de le croire… Sur l’horreur, sur les blessures, le silence s’est abattu. Jusqu’à ce que Fatimah, poussée par l’inextinguible désir de vivre, recouvre la parole, les mots pour raconter son histoire, et retrouve, enfin, sa dignité de femme…


C'est avec surprise que j'ai découvert le livre de Marina Carrère d'Encausse, je la connaissais en tant que médecin et journaliste du magazine de santé avec Michel Cymès, je savais aussi qu'elle avait écrit plusieurs ouvrages sur la santé mais je ne savais pas du tout qu'elle s'était lancée dans l'écriture d'un livre contemporain.

Voici un roman addictif malgré le thème fort, en effet l'auteure à travers son récit dénonce les crimes d'honneur trop souvent vu comme des accidents domestiques. Alors que l'omerta plane dans la famille de Fatimah, celle-ci se trouve entre la vie et la mort sans pouvoir s'exprimer. Pendant ce temps Farah sa fille de 8 ans pose des questions sur l'absence de sa mère mais sa grand-mère et son père refuse de lui répondre, elle prend son mal en patience, elle va à l'école, aide sa grand-mère et s'occupe de ses jeunes sœurs jusqu'au jour où enfin le moment est venu de connaître la vérité.

Marina Carrère d'Encausse nous offre le portrait d'une femme forte, qui se bat pour vivre et pour faire éclater au grand jour la vérité, une femme étonnante qui à la suite de ce crime va renaître tel un phoenix et va briser le silence qui pèse si lourd. J'ai vraiment été surprise par la tournure de cette histoire je ne m'attendais pas à ce que ça soit aussi positif et que cela éclate au moment où on s'y attend le moins, très bonne surprise qui donne des frissons l'auteur a parfaitement dosé le déroulement de son intrigue, après le temps du silence et du questionnement voici venu le temps de la vérité aussi dérangeante soit elle.

L'auteure signe ici un magnifique roman tout en finesse avec une écriture agréable à lire, j'ai été conquise par Fatimah et le combat qu'elle doit mener. C'est un bel hommage aux femmes victimes de ces actes monstrueux trop souvent passer sous silence, c'est aussi un hymne à la vie pour toutes les femmes de ce pays. Vivement un prochain roman...

mercredi 29 juin 2016

Fables psychiatriques

Auteur : Darryl Cunningham
Editions : çaetlà
Parution : mai 2013














Les maladies mentales intriguent, fascinent ou rebutent, et sont souvent l'objet d'incompréhension. Darryl Cunningham, qui a travaillé plusieurs années dans une unité pour malades difficiles et a lui-même connu des épisodes dépressifs, en a fait l'expérience. Ayant tenu un journal alors qu'il était aide-soignant, il en a tiré ces Fables psychiatriques. 


La psychiatrie est un domaine souvent incompris et tabou malgré l'évolution des mentalités et le fait qu'on en entende de plus en plus parler dans les médias. C'est un domaine qui reste mystérieux et pour certaines maladies inconnues, on le sait tous l'inconnu est attirant au même titre qu'il peut faire peur.  Personnellement j'ai toujours été intriguée, c'est donc naturellement que je me suis tournée vers ce livre lorsque je l'ai croisé.

David Cunningham a travaillé durant plusieurs années dans une unité spécialisée et au cours de cette période il a tenu un journal dans lequel il a accumulé assez d'informations pour décrire le quotidien d'un hôpital psychiatrique. C'est en lisant Persepolis de  Marjane Satrapi qu'il a décidé de sauter le pas et de compléter son écriture avec des dessins. Comme l'auteur le dit "fables psychiatriques a pour vocation de bousculer les préjugés, ce qui est nécessaire parce que la peur et l'ignorance liées aux maladies mentales restent largement répandues dans nos société." 

J'ai trouvé cet ouvrage très instructif, l'auteur nous fait découvrir par catégorie un large panel de maladies psychiatriques ainsi que de nombreuses formes de démences.  Il y'a aussi un côté ludique très plaisant, le fait d'exposer les maladies et ensuite de les complémentariser avec des anecdotes et des dessins facilite la compréhension et permet de mieux appréhender les impacts que peuvent avoir les maladies mentales pour la personne mais aussi pour son entourage. Si vous aimez le domaine de la psychiatrie et que vous voulez en apprendre davantage je vous conseille ce document graphique

lundi 27 juin 2016

Loup solitaire

Auteur : Jodi Picoult
Editions : Michel Lafon
Parution : Janvier 2015














Luke Warren est un spécialiste du comportement des loups. Il s’est rendu célèbre en partageant la vie d’une meute pendant près de deux ans dans le Grand Nord canadien. Mais à son retour, sa famille se disloque. Son fils Edward coupe les ponts après une dispute irréparable, sa femme Georgie le quitte, et sa fille, Cara, qui vit avec lui, se brouille avec son frère qu’elle considère comme responsable du divorce de ses parents.

Six ans plus tard, Edward s’est construit une vie en Thaïlande. Mais un coup de téléphone vient bouleverser son existence : son père est dans le coma à la suite d’un grave accident, et ses deux enfants doivent être présents pour décider de son sort. Cara attend un miracle, mais Edward veut arrêter l’acharnement thérapeutique et faire don des organes de Luke. Agit-il par altruisme ou par vengeance ? Que cache son départ au bout du monde ? Jusqu’où Cara ira-t-elle pour l’empêcher de prendre une décision irrévocable ? Et quel est le secret qui la tourmente ?



Je le dis encore et encore mais c'est un grand plaisir pour moi de retrouver à chaque fois la plume de Jody Picoult. Encore une fois le thème de la famille est au coeur de l'histoire et encore une fois elle traite un sujet lourd et profond.

Nous retrouvons le schéma narratif habituel de cette auteure : une narration à plusieurs voix, de ce fait nous allons faire plus ample connaissance avec Luke le père, Georgie la mère, Joe le beau-père de Edward et Cara sans oublier d'autres personnages qui se greffent au fur et à mesure du récit. Cette forme de narration est ma préférée car elle rend le récit plus vivant et plus fluide, nous avons le point de vue de chaque protagoniste en profondeur ainsi nous pouvons plus facilement cerner leur personnalité et suivre plus facilement le fil de l'histoire.

Plus on avance dans l'intrigue, plus on se rend compte de la complexité de l'histoire étant donné la situation familiale difficile à gérer. Suite à l'accident Luke est dans un état grave son cerveau est touché les médecins vont donc rapidement demander à Edward, son fils et Cara, sa fille de prendre une décision puisqu'ils sont les seuls à pouvoir abréger cette situation. Mais voilà Cara est mineure et ne peut donc pas prendre la décision seule, de plus elle est en froid avec son frère depuis des années et l'accuse de vouloir tuer leur père pour se venger, de l'autre côté Edward est majeur et se retrouve confronté aux accusations de sa sœur alors qu'il fait tout pour la raisonner afin de trouver un terrain d'entente. 

C'est ainsi que Jodi Picoult va traiter un sujet qui fait écho à notre actualité : l'euthanasie.
Edward et Cara vont devoir prendre une décision  et ainsi peser le pour et le contre,  continuer l'acharnement thérapeutique sur peut-être plusieurs années pour n'avoir aucun résultat et s'enfoncer dans un cercle vicieux ou bien débrancher leur père et le laisser partir. On ne peut qu'être en empathie avec ces deux personnages qui font face à une situation vraiment cruelle et qui vont devoir faire un choix qui forcément aura un impact sur leur vie.

Encore une fois Jodi Picoult a su me faire frissonner devant cette tragédie familiale menée d'une main de maître. Sans tomber dans le pathos elle sait nous toucher en nous exposant un sujet important qui nous pousse à la réflexion et y inclure des personnages qui collent parfaitement à la situation. On sent que derrière cette histoire il y'a des heures de recherches, des rencontres avec des spécialistes et surtout un grand talent, comme je le dis toujours Jodi Picoult est une valeur sûre qui réalise toujours un travail parfait, cette fois-ci je confirme encore c'est du grand art <3

dimanche 19 juin 2016

Thalamus

Auteur : Stéphane Gérard
Editions : Pocket
Parution : mai 2016














Lorsqu'Hélène et Laurent, jeune couple Strasbourgeois, apprennent qu'ils vont devenir parents de jumeaux, leur bonheur est à son comble ! Malheureusement, à la naissance, seul l'un des enfants survivra... dans le même temps, l'état de santé de Laurent se dégrade. Selon le neurochirurgien, le verdict est sans appel : une tumeur au cerveau avec l'urgence d'opérer. Malgré cette délicate intervention, l'état de santé de Laurent ne s'améliore pas, voire se dégrade, avec des signes de régression très inquiétants. Quand une professeur de sciences, amie de la famille, mène sa propre enquête pour tenter de comprendre, mieux vaut ne pas croire ce qu'elle va découvrir...


Dans son intrigue l'auteur allie avec finesse le domaine médical, scientifique en y ajoutant une pointe de thriller qui finalement ne représente qu'une infime partie de l'histoire. Quelles sont les limites des expériences scientifiques ? Quels sont les dangers lorsque des professionnels sont prêts à tout pour arriver à leur fin sans tenir compte de l'éthique médicale ? Ce sont les problématiques que nous rencontrons tout au long de ce roman. 

Tout au long de l'histoire il règne un suspens glacial, on a le sentiment que quelque chose se profile tapit dans l'ombre et si dès le départ on repère les personnages nocifs, on est loin de s'imaginer ce qu'ils nous réservent précisément, la chute est rude, il faut avoir le cœur bien accroché et surtout ne pas manger en finissant ce livre, ça fait froid dans le dos. 

Gérard Collard annonçait un grand cru de l'éthique médicale et je ne peux qu’acquiescer. Ce roman a du potentiel, des personnages poignants pour certains, machiavéliques pour d'autres, un sujet assez lourd mené d'une main de maître et surtout abordable, une écriture vraiment agréable à suivre, sans aucun doute c'est une réussite !

jeudi 16 juin 2016

A l'enfant que je n'aurai pas

Auteur : Linda Lê
Editions : Nil
Parution : août 2011













Dans cet essai sociologique Linda Lê va traiter un sujet encore incompris : les femmes qui ne veulent pas d'enfants. Pour ce faire elle adresse à l'enfant qu'elle n'aura pas, une lettre dans laquelle elle va lui parler ouvertement, lui expliquer comment elle voit les choses et pourquoi elle fait ce choix de ne pas avoir d'enfant.

Notre société est faite ainsi la femme est pré-destinée depuis la nuit des temps à mettre des enfants au monde et à tenir son rôle, mais voilà nous sommes en 2016  et les femmes ont pris leur indépendance depuis un moment déjà, elles sont libres de vivre comme elles le souhaitent et donc de refuser de rentrer dans un moule et de faire leur vie en fonction de critères déjà établis n'en déplaise aux personnes qui ne comprennent pas.

Cependant ce choix reste tabou et ne pas suivre le schéma classique, c'est prendre le risque d'être incompris, c'est le problème que Linda Lê expose lorsque son conjoint décide de faire des pieds et mains pour la faire changer d'avis. Elle va alors entendre qu'elle a "tord de persister à ne pas se perpétuer", que "la maternité est la condition première de la complétude d'une femme"... Des arguments rétrogrades devant lesquels elle ne pliera pas et va au contraire s'insurger.  Linda Lê va aussi parler de ses rapports conflictuels avec ses parents et plus particulièrement avec sa mère qui a eu un comportement  désastreux. 

C'est la première fois que je lis un livre comme celui-ci et j'en suis ravie, Linda Lê nous emmène vers une réflexion détonante sur le choix de la maternité et sur le fait que toutes les femmes ne ressentent pas forcément le besoin de materner, j'ai apprécié les arguments mis en avant, j'en partage même certains. Je le conseille absolument, à mettre entre toutes les mains.

lundi 13 juin 2016

La simplicité des nuages

Auteur : Julien Aranda
Editions : Amazonpublising
Parution : mars 2016














Tiraillé entre ses idéaux et son quotidien désabusé de cadre parisien, Bastien ne se sent pas vivre – il vivote. Et la situation ne fait qu’empirer lorsque sa grand-mère, Yvonne, est hospitalisée pour un malaise qui se change bien vite en dépression. Bastien ne sait que faire pour aider celle qu’il aime tant, lui qui n’arrive déjà pas à gérer sa propre vie. Pourtant, au bout de ce qui semble être une impasse, Bastien reprend espoir : il découvre une correspondance entre sa grand-mère et une de ses anciennes amies, Eugénie. Eugénie est-elle encore vivante ? Acceptera-t-elle l’idée d’une rencontre avec Yvonne, seul remède à même de rompre la solitude de cette dernière ? Pour le savoir, une seule solution : aller là où tout a commencé, près du phare des Baleines, sur l’île de Ré.


Je remercie la masse critique de Babélio pour la découverte de ce livre. Lorsque j'ai vu le résumé j'ai tout de suite été conquise, même si ce genre d'histoire n'est pas mon genre de prédilection, il n'en reste pas moins que de temps en temps ça fait du bien de sortir de sa zone de confort.

Ce que j'ai adoré dans ce roman c'est que l'auteur a mis en scène une société que l'on connait tous et des personnages à travers lesquels nous pouvons facilement nous identifier. Un jour Bastien décide de prendre des vacances afin de partir à la recherche de l'amie de sa grand-mère pour lui faire une surprise. Le voici donc rendu à l'île de Ré où il va faire la rencontre de Laurent un serveur qui va l'aider dans ses recherches, et puis il va rencontrer la famille d' Eugénie. Ce périple va aller au-delà de ce qu'il cherchait à la base puisque grâce à ces rencontres il va prendre le temps de vivre, de réfléchir à ce qu'il aimerait faire pour ne plus subir son quotidien devenu inhumain et surtout de créer des liens, sympatiser... 

L'auteur met en avant toute l'importance du passé et à travers son histoire critique notre société devenue inhumaine, dans laquelle on ne prend plus le temps de vivre, de faire des rencontres, de discuter, de profiter des bonheurs simples lorsqu'ils se présentent. L'histoire est aussi belle que bouleversante, la plume  de Julien Aranda m'a fait penser à celle de David Foenkinos, un style simple, léger mais qui sait nous transmettre des messages importants, tout simplement j'ai adoré !

dimanche 12 juin 2016

La valise d'Hana

Auteur : Karen Levine
Editions : Flammarion
Parution : novembre 2002














C'est une valise on ne peut plus ordinaire. Elle est marron. Elle est grande. On pourrait y mettre beaucoup de choses. Mais aujourd'hui, elle est vide.

Dessus il est écrit le nom d'une petite fille, Hana Brady ; une date de naissance, 16 mai 1931 ; et un mot, «orphelin».
Cette valise vient du camp d'Auschwitz.
Qui était Hana Brady ?
Que lui est-il arrivé ?



La valise d'Hana est un document/témoignage on ne peut plus original puisque tout a commencé au Japon, plus précisément à Tokyo Fumiko Ishioka la coordinatrice du centre de documentation sur la Shoah a voulu aborder cette période de l'histoire par le biais d'objets que les enfants pourraient voir et toucher. Pour ce faire elle a donc contacter plusieurs musées Juifs et de la Shoah de plusieurs pays pour leurs demander de lui en faire parvenir mais bien sûr tous ont répondu négativement.

 Sans rien lâcher elle a été visiter le musée d'Auschwitz en Pologne ou elle a pu trouver un terrain d'entente avec le directeur, plusieurs semaines plus tard celui-ci lui a fait parvenir une chaussette, une chaussure, une boite de Zyklon, un pull over ainsi qu'une valise. Avec les inscriptions sur la valise les enfants ont compris qu'elle appartenait à une jeune fille déportée, ils ont donc entrepris des recherches qui leurs ont permis de découvrir l'histoire d'Hana Brady. 

D'un côté nous avons l'histoire d'Hana, de l'autre l'histoire de Fumiko et des enfants qui ont fait un incroyable travail de recherches pour obtenir des réponses à leur quête, ils ont même été jusqu'à retrouver le frère d'Hana qui lui a survécu et vit au Canada. Ce projet constitue un très bel hommage pour Hana et sa famille mais aussi pour les victimes de la Shoah puisque la valise d'Hana poursuit son voyage, George Brady et sa fille se sont rendus à Hiroshima pour y raconter l'histoire d'Hana qui est malheureusement aussi l'histoire de millions de personnes déportées. De plus l'exposition "la Shoah vue par les enfants" s'est déplacée dans plus de 50 villes du Japon et a attiré plus de 52 000 personnes, tout simplement merveilleux !


samedi 11 juin 2016

Le voile de Téhéran

Auteur : Parinoush Saniee
Editions : Points
Parution : mai 2016












Quand sa famille quitte la sainte ville de Qom pour Téhéran, Massoumeh, adolescente, est partagée entre l'espoir et la peur : ses frères, craignant pour elle l'influence pernicieuse de la capitale, souhaitent la marier au plus vite, et ses parents risquent de leur céder. Nous sommes dans les années 1970, le shah est encore au pouvoir et le mode de vie occidentalisé des citadins choque cette famille bourgeoise traditionaliste. Pourtant, Massoumeh ne lâche pas, et un avenir heureux l'attend : le lycée, l'université. Mais quand ses frères découvrent l'innocente histoire d'amour qu'elle a nouée avec un jeune voisin, les aspirations de Massoumeh sont brisées. Elle est immédiatement mariée à un parfait inconnu, Hamid. 


Lorsque je suis passée devant ce livre je n'avais pas prévu de le lire et puis quelques jours après je l'ai finalement acheté et dévoré, force est de constater que les lectures imprévues sont toujours les meilleures.

Pendant plus de 600 pages nous allons suivre le destin de Massoumeh la narratrice du récit. Son histoire s'étale sur plusieurs décennies, de son arrivée à Téhéran alors qu'elle n'avait que 16 ans à nos jours où elle est veuve. On découvre une jeune femme intelligente ayant soif de découvertes et de connaissances, tant bien que mal elle réussit à convaincre son père de la laisser scolariser, elle va se faire une amie avec qui elle partagera tout, Parvaneh qui est son opposé, une fille libre qui n'est pas contrainte par les traditions. Et puis tout bascule le jour où ses frères découvrent son histoire avec Saïd, ils la forcent à se marier, la harcèlent, lui font vivre un calvaire jusqu'à ce qu'elle parte de la maison familiale.

Lourde destinée imposée à cette jeune femme qui ne demande pourtant qu'à vivre avec son temps,  elle subit les traditions et les coutumes dépassées et radicales de son pays alors qu'elle ne souhaitait qu'étudier pour avoir un bon métier et ne pas être l'esclave d'un homme. Malgré un mariage forcé elle a la surprise de tomber sur un homme membre d'un groupe qui mène une révolution contre les lois en Iran, ainsi il ne lui impose rien il veut rester libre lui aussi et la laisse même reprendre ses études. Au début on croit qu'elle va pouvoir reprendre un nouveau départ mais son destin la rattrape, elle va connaître la solitude, mais surtout elle va vivre avec le fait qu'elle ne reverra sûrement jamais Saïd à cause de sa famille qui a tout gâché.

A travers le portrait d'une jeune femme au destin tumultueux l'auteure a voulu rappeler aux Iraniens ce qu'ont supporté les femmes, les vies sacrifiées, elle dénonce la souffrance dont elles ont été victimes pour que tout le monde sache et puisse réfléchir pour avancer. mais malheureusement son livre a été interdit à la publication en Iran à cause du contenu politique et de la personnalité de l'héroïne qui refuse les contraintes d'un pays rétrograde.
Une très bonne lecture qui ne laisse pas de marbre mais qui pourtant est nécessaire pour comprendre, je le conseille bien évidemment !

vendredi 10 juin 2016

Kerity la maison des contes

Auteur : Anik Le Ray
Création graphique : Rébecca Dautremer
Editions : Flammarion
Parution :  novembre 2009












Éléonore est une vieille dame avec qui Natanaël passe ses vacances d'été ainsi qu'avec sa famille, elle lui lit des histoires merveilleuses qui le transportent et le font voyager. Un jour Éléonore disparaît et lègue au petit garçon le contenu de sa bibiothèque, une grande surprise pour Natanaël qui ne sait pas ce que les livres lui réservent.

Quoi de mieux qu'un superbe album majestueusement illustré plongeant un petit garçon dans une aventure fabuleuse. Pour sauver les personnages des contes Natanaël va redoubler d'ingeniosité, une véritable aventure dans laquelle nous allons croiser Alice et le lapin du pays des merveilles, le capitaine Crochet, la fée Carabosse et bien d'autres personnages les plus connus.

Le bémol, je déplore la police d'écriture qui n'est franchement pas adaptée pour un jeune public qui lui appréciera davantage de plus gros caractères...

Une belle découverte, je regarderai le film avec grand plaisir !

mardi 7 juin 2016

Le chat bonheur

Auteur : Qu Lan
Editions : Flammarion
Parution :  juillet 2012











"Au Japon, une légende raconte que pour remercier son maître attentif et aimant une grue lui apporta un trésor venant de la montagne des dieux"

J'adore les chats, c'est donc sans difficulté que ce magnifique album est venu rejoindre ma bibliothèque.

Cet album fait partie de la collection Perles du ciel, l'histoire est un conte traditionnel d'Asie dans laquelle nous allons suivre Echigoya, jeune garçon faisant partie d'une famille Japonaise, noble possédant des ateliers de teinture. Un jour celui-ci prend la direction des affaires, sa paresse et sa vanité prennent le dessus, il ne veut rien faire à part s'occuper de son chat Tama et jouer à des jeux d'argent. Bien sûr son comportement va lui jouer des tours, il va perdre des sous, sa gouvernante va bien essayer de lui faire entendre raison, mais Echigoya pour sa défense va se fier à une légende Japonaise. Tama prêt à tout pour le bonheur de son maître va coûte que coûte tout faire pour lui apporter ce qu'il souhaite, jusqu'au jour où tout va basculer.

Ce conte Asiatique bien que triste sur la fin est vraiment superbe et apporte une morale qu'un jeune public peut aisément comprendre. Les illustrations comportent de très belles nuances de couleurs, les traits sont fins et précis, je pourrai passer des heures à les contempler, aucun doute c'est du travail d'artiste...