mardi 21 novembre 2017

La demoiselle de Wellington

Dorothée Piatek
Historique
Roman
Jeunesse
Editions du Seuil
Parution : 2017
102 pages













Pendant la Première Guerre mondiale, une véritable ville souterraine a été construite sous la ville d'Arras. De là, des milliers de soldats ont déferlé par surprise sur les lignes allemandes. Un officier anglais raconte l'interminable attente, puis l'assaut dans la boue, le froid et les éclats d'obus.


A travers ce livre illustré par Jérémy Moncheaux, nous plongeons en 1917 durant la première guerre mondiale, Dean Kingston, soldat tient un journal de bord dans lequel il raconte l'univers dans lequel il vit à sa femme Jenny. Dean fait partie de l'armée Britannique et prépare avec son régiment la bataille d'Arras caché dans la carrière de Wellington.

Dean Kingston met en exergue les conditions de vie déplorables dans lesquelles lui et ses camarades vivent : le froid, la faim, la peur, le bruit des bombes qui font rage font partie de leur quotidien. Loin de leur famille ils doivent combattre l'ennemi au prix de leur vie, l'horreur est permanente et est parfaitement décrite dans ce court récit.

Bien que l'histoire de Dean soit romancée par Dorothée Piatek, le lieu dans lequel il se trouve existe réellement puisqu'il s'agit de la carrière de Wellington situé à Arras. Aujourd'hui ouverte au public, cette carrière construite en dessous de la ville a été un atout majeur dans la préparation de la bataille d'Arras programmée pour le 9 avril 1917.

Les troupes qui se sont relayées ont laissé des traces de leurs passages notamment des écrits et des dessins témoignant de l'état d'esprit qui régnait, ces inscriptions sont toujours visibles et l'une d'elle en particulier à inspiré l'auteure, en effet au cours des recherches le portrait d'une jeune femme a été découvert dans cette carrière.

Une très bonne lecture qui nous ramène vers une période de l'histoire qu'il ne faut pas oublier, dans un lieu peu connu mais que personnellement j'envisage sérieusement de visiter.




lundi 20 novembre 2017

Lorsque j'étais quelqu'un d'autre

Stéphane Allix
Témoignage
Mama éditions
Parution : 2017
405 pages














Pour se ressourcer et faire le point sur sa vie, Stéphane Allix entame une retraite en forêt. Il ignore qu'il va se confronter à l'impensable.

Lors d'une méditation, une vision s'impose à lui : un soldat de la Seconde Guerre mondiale meurt, touché à la gorge. Le nom de cet homme et d'autres informations lui parviennent également en pensée. L'expérience est extrêmement troublante. Pourquoi ressent-il une telle intimité avec ce personnage ?


L'année dernière, j'ai lu le dernier livre de l'auteur " Le test" que j'avais trouvé passionnant en tout point, l'expérience inédite dans laquelle nous embarque l'auteur est juste incroyable c'est pourquoi j'ai eu envie de retenter l'expérience avec ce nouveau témoignage.

Cette fois-ci c'est une toute autre expérience que Stéphane Allix nous présente. Alors qu'il s'exile au cœur de la forêt Amazonienne pour faire le point sur lui-même, l'auteur a une vision qui va ne va plus le quitter : La vision d'un soldat de la 2nde Guerre Mondiale  qui meurt touché à la gorge. Cette vision devenant de plus en plus présente va aussi devenir de plus en plus précise. Totalement obnubilé, Stéphane Allix se lance alors dans une enquête haletante qui se révèle être pleine de rebondissements et de surprises.

Époustouflant et encore le mot est faible, je referme ce livre complètement ébahie par la tournure de cette enquête qui se transforme peu à peu en une quête identitaire. L'auteur procède par étape au fur et à mesure que les informations lui parviennent par flash mais aussi en s'entourant de professionnels compétents qui vont l'aider à mettre un nom sur cette personne qui semble lui demander de l'aide

L'auteur nous embarque dans cette aventure extraordinaire pour le moins originale, le lecteur se retrouve en totale immersion grâce à l'écriture immersive de Stéphane Allix, il ne nous cache rien au contraire chaque étape/information est détaillée et expliquée, j'ai eu l'impression d'avancer avec lui jusqu'à appréhender certaines situations notamment le moment où l'auteur essaye de rentrer en contact avec les descendants d'Alexander Hermann, moment particulièrement délicat car comment expliquer une telle situation à des esprits cartésiens cela peut être compliqué mais je ne vous révélerais rien de ce côté car cela vous gâcherait le plaisir de la découverte.

Encore une enquête passionnante pour Stéphane Allix le repoussant dans ses retranchements et le plongeant dans un pan de l'histoire bien terrible, plusieurs réflexions ont été faites au cours de cette enquête notamment au sujet des soldats allemands qui se sont engagés auprès d'Hitler, quelle était la nature de leur implication?  Le bien peut-il côtoyer le mal pour le plaisir, par devoir ou par obligation? Autant de questions et de réflexions qui au final ont aidés l'auteur à faire connaissance avec Alexander Hermann.


mardi 14 novembre 2017

Voyage à Pitchipoï

Jean-Claude Moscovici
Roman biographie
Editions Ecole des loisirs
Parution : 2005
139 pages










Voyage à Pitchipoï raconte la tragédie d'une famille juive, en France, pendant la guerre.
En 1942, l'auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée, par des gendarmes allemands et français, et déportée.
Le narrateur et sa petite soeur furent d'abord confiés à des voisins jusqu'à ce que le maire du village fasse appliquer la décision du capitaine SS, Commandeur de la région et responsable des mesures de répression antisémite : " L'accueil d'enfants juifs dans des familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas. "Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade, par malnutrition.
Sortis miraculeusement du camp, ils retrouvèrent quelques mois plus tard leur mère qui avait réussi à s'échapper lors de son arrestation et n'avait pas été reprise, malgré les portes qui s'étaient souvent fermées lorsqu'elle avait demandé de l'aide.
Après des mois de vie clandestine, à la Libération, ils revinrent dans leur maison vide et abandonnée.
Ils ne devaient jamais revoir leur père


Voyage à Pitchipoï donnait l'espoir d'un monde meilleur et ailleurs, en réalité ce voyage s'est terminé au camp de concentration de Auschwitz le 8 novembre 1942, le convoi n° 42 transportant les enfants et que l'auteur avait cotoyé dans l'enfer de l'internement de Drancy ont été gazés dès leur arrivée, de ce convoi 4 personnes sur 1000 survécurent.

C'est l'un des 3 oncles survivant qui leur a raconté ce terrible destin, lui qui est revenu d'Ebensee après 3 ans d'absence.

Si Pitchipoï avait éxisté ! cette famille venant d'ailleurs et dont le père était médecin, apprécié avant la guerre par la population et particulièrement de deux notables de la commune sera privé de son travail lorsque les lois antisémites se sont mises en place par l'envahisseur et c'est ainsi qu'après son arrestation et le changement de maire que la famille a constaté le mépris de celui-ci et son acharnement au même titre que la population qu'il avait soigné, à vouloir se débarrasser du reste de la famille.

Pratiquement toutes les portes se sont fermées, les bons français ne voulaient pas se compromettrent avec ces juifs sans importance, ils avaient oublié les soins que leur avait prodigué le père et l'oncle médecin lui aussi avant que les juifs ne deviennent que les rebuts de notre société française.

Sans l'aide précieuse de la famille restante et de connaissances, les enfants petits à cette époque n'aurait jamais revu leur mère, qui par divers stratagèmes à réussi à se sauver et à récupérer ses deux enfants malgré les portes qui se fermaient devant elle. La mère, l'oncle, la soeur et l'auteur ont dû faire le deuil de parents, grand-parents et de leur père qu'ils n'ont jamais revu.

                                                                                          Rédactrice :      Daphnie Dumurier


samedi 11 novembre 2017

Barbara, roman

Julie Bonnie
Roman - Biographie
Editions Grasset
Parution : 2017
189 pages















« Ma mère écoutait Barbara, le dimanche matin, fenêtres grandes ouvertes, volume à fond. Depuis toute petite, je suis imprégnée de ses mots, de sa voix, de ses mélodies. En grandissant, ses paroles ont pris de nouveaux sens mais ne m'ont jamais quittée, jusqu'à ce que je devienne chanteuse, jusqu'à ce que j’écrive mes propres chansons.


Comme chaque année je lis avec grand plaisir le dernier ouvrage de Julie Bonnie, et comme d'habitude c'est une chouette découverte. Julie Bonnie qui écrit sur la chanteuse Barbara, c'est presqu'une évidence, son écriture poétique rend d'ailleurs un magnifique hommage à cette grande chanteuse au destin certes tragique mais pour le moins remplit de richesses : une artiste avec un grand A, une âme de toute beauté.

L'auteure retrace le parcours de Monique Serf alias Barbara, d'abord victime de la barbarie nazie car de religion juive, ensuite victime d'inceste, témoin des rapports conflictuels entre ses parents... Barbara décide de fuir un passé étouffant pour provoquer le destin et atteindre son rêve : devenir artiste.

Depuis toute petite Barbara emmène partout où elle va, le piano en papier dessiné par sa grand-mère adorée et dans chaque moment difficile, le même refrain elle répète telle une formule magique : Joue, piano, joue. Tant d'obstacles dans la vie de cette grande dame et pourtant tant de vie, tant de courage et de persévérance à en couper le souffle. 

Entre inspiration, réalité, mise en scène, à travers son récit, Julie Bonnie illustre les débuts de Barbara, les coups durs, les moments de gloire, sa quête personnelle, les rencontres. Sa plume toujours magnifique nous fait découvrir le portrait d'une femme merveilleuse, son côté lumineux  et son côté sombre, en fermant ce livre j'ai tout compris...

Quand la talentueuse Julie Bonnie rencontre l'extraordinaire Barbara, ça ne peut faire qu'une chose : un document passionnant 

[Un beau jour
Ou était-ce une nuit?
Près d'un lac, je m'étais endormi
Quand soudain, semblant crever le ciel 
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir]



mercredi 1 novembre 2017

Spooky Tome 3 : Malices de Princesse

Carine - M
Elian Black'mor
Jeunesse
Editions Glénat
Parution : 2017
64 pages










Spooky s’apprêtait à passer une monstrueuse nuit d’anniversaire pour Halloween, mais voilà que sept nains bien connus de tous débarquent pour lui fermer l’accès au royaume des contes. Là-bas, il parait qu’un nouveau despote met tout sens dessus dessous et qu’il a décrété la pension pour monstre indésirable ! Qui peut-il bien être et où sont passés les parents de Spooky ? 


TARABISTOUILLE DE TROUILLE...

Je viens de faire la connaissance de la princesse Spooky, une petite fille creepy qui vit au pays des contes et qui adore les histoires qui font peur, elle a même des amis qui sont des monstres, sa marraine n'est autre qu'une poule fée et ses oncles les trois petits cochons...

Avant de vous parler de ce 3 ème opus, si vous n'avez jamais entendu parler des ses péripéties voici le tome 1 et 2 de ses précédentes aventures



Comme vous pouvez le constater Spooky en a dans le ventre, elle n'est pas du genre à se laisser marcher dessus, je dirais même qu'il ne faut pas sous estimer une petite fille qui vit au pays des contes, non non non, vous allez vite comprendre pourquoi ! 

TADOOM WAGOOM

Cette fois-ci, Spooky se retrouve confrontée à l'intolérable, à l'insoutenable... il est arrivé un malheur. Alors que la princesse creepy se prépare à passer une fête d'anniversaire-Halloween mémorable le 31 octobre, l'armée des 7 nains vient lui apprendre que son accès au pays des contes de fées est dorénavant bloqué ! 

SPOOK' QUI PEUT

Au début si Spooky croit que tout ceci n'est qu'une blague de ses parents pour Halloween, elle comprend rapidement que quelque chose cloche et finit par se lancer dans une aventure époustouflante dans laquelle elle va rencontrer des personnages de contes connus de tous: Le petit poucet, le petit chaperon loup qui n'est autre que son ennemie et bien d'autres encore. Accompagnée de son Big Bang Phone et de son sac remplit de malices, la petite fille intrépide ne tremblant pas d'un poil va affronter son ennemie, sa soirée lui appartient et elle aura bien lieu coûte que coûte non mais ...  personne ne se met au travers du chemin de Spooky !


Superbe boulot des auteurs de A jusqu'à Z au delà des aventures de Spooky on est absorbé par les illustrations qui sont magnifiques, colorées tellement bien dessinées, je me demande quel enfant peut résister devant une telle merveille, pas vous ? Moi en tout cas je ne résiste pas ! Quoi ??? Comment ça je ne suis plus une enfant?  :)

Et n'oubliez pas 

KEEP CALM AND LOVE CREEPY 

samedi 28 octobre 2017

L'enfant-mouche

Philippe Pollet-Villard
 Historique
Editions Flammarion
Parution : 2017
432 pages















1944. La vie d’Anne-Angèle bascule lorsqu’elle accepte de prendre en charge Marie, une orpheline aux origines troubles. Ensemble, elles doivent quitter précipitamment la capitale pour s’installer dans un village de province où elles se heurtent aussitôt à l’hostilité des habitants. Anne-Angèle tombe malade et l’enfant, qui veille désormais sur son étrange tutrice, se trouve confrontée à un quotidien de combines, de bassesses et de violences répondant au seul impératif de la survie. Animée par une force parfois surhumaine, prête à tout, Marie détonne dans le paysage. Lorsqu’elle s’aventure du côté allemand, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à elle. Marie devient L’enfant-mouche.


Je remercie chaleureusement Philippe Pollet-Villard ainsi que les éditions Flammarion pour la découverte de ce livre qui s'avère être passionnant de par son contexte historique mais aussi grâce aux personnages aux personnalités profondes et attachantes.

Nous découvrons Anne-Angèle infirmière dans un dispensaire à Casablanca qui doit suite à un événement tragique revenir à Paris pour prendre en charge Marie, une orpheline dont elle ne connait rien, même pas son identité ou ses origines. En revenant à Paris, elle découvre la vie de sa défunte soeur Mathilde, les secrets et les manigances qui au fond ne vont pas la surprendre en effet, Anne-Angèle et Mathilde entretenaient une relation compliquée au vu de leurs personnalités opposées.

En acceptant de prendre en charge Marie, l'infirmière prend un risque considérable étant donné le contexte difficile dans lequel se trouve le pays, on est en 1944 et Paris est occupé par les Allemands, l'adoption de Marie pourrait faire jaser, avant d'avoir des problèmes Anne-Angèle décide donc de s'exiler avec la petite fille en province. 

Philippe Pollet-Villard a pris son temps pour installer le décor de cette histoire qui comporte plusieurs parties et il a bien fait puisque le lecteur à le temps de faire connaissance avec les personnages mais aussi d'appréhender au mieux la situation de la petite Marie

Ainsi dans un 1er temps nous faisons plus la connaissance d'Anne-Angèle, une femme d'un certain âge, qui peut être très humaine comme elle peut être très dure, il faut dire qu'elle se retrouve à changer de vie du jour au lendemain alors qu'elle ne s'y attendait pas du tout, le ciel lui tombe sur la tête, c'est le moins que l'on puisse dire. Malgré tout c'est une femme au grand coeur qui ne va pas hésiter à se démener pour protéger la petite jusqu'au moment où la maladie va finir par l'en empêcher.

Et puis il y'a Marie cette petite fille au centre de l'histoire, une petite fille en quête d'identité qui se doute que quelque chose ne va pas, elle se pose des questions quant au véritable lien qui l'unit à Anne-Angèle, celle qui prétend être sa tante et qui est parfois trop distante. Marie est intelligente et débrouillarde, lorsque sa tante tombe malade, elle prend les choses en mains jusqu'à dépasser les limites pour survivre, bonne ou mauvaise solution, a-t-on vraiment le choix en temps de guerre? 

Indéniablement nous passons d'un sentiment à un autre, tristesse, colère, joie, fierté se succèdent tout au long du récit, je suis d'autant plus touchée par l'histoire de Marie dans ce roman étant donné qu'elle est tirée de la propre histoire familiale de l'auteur, il s'agit en fait de l'enfance de sa maman. Un très bel hommage conté avec brio, c'est un sacré défi que de composer entre fictif et réel, ce défi a été relevé avec succès, tout comme pour la description précise de la vie en campagne durant la seconde guerre mondiale.

Une ode à la vie à travers la guerre qui fait tant de ravage, une ode à la solidarité, je vous conseille cette histoire mémorable voyageant entre réalité et fiction.

lundi 16 octobre 2017

Le photographe de Mauthausen

Salva Rubio
Pedro J. Colombo
Aintzane Landa
Album - Historique
Editions Le Lombard
Parution : 2017
168 pages













Et si le vol du siècle avait eu lieu... dans un camp de concentration nazi ? En 1941, Francisco Boix, matricule 5185 du camp de concentration de Mauthausen, échafaude avec ses camarades un plan pour voler des photographies témoignant des crimes commis dans le camp et incriminant les plus hauts dignitaires nazis. Ce plan risqué n'est que le début de son périple pour révéler la vérité... Une histoire vraie, basée sur des faits réels.


"Gros coup de coeur" pour cet album qui met en exergue: La déportation des Républicains Espagnols dans les camps nazis.

Après avoir fui la guerre espagnole sous Franco, Francisco Boix, le personnage principal s'est exilé en France en pensant pouvoir vivre dans un pays libre, malheureusement il a été interné au camp du Vernet d'Ariège aussi connu comme étant "un camp répressif pour étrangers suspects" et fût contraint en 1939 à rejoindre les Compagnies de travailleurs étrangers attachées à l'armée Française.

Arrêté avec ses camarades par les Allemands, fait prisonnier de guerre, il a été enfermé à la caserne Bougenel à Belfort puis transféré au Stalag à Fallingbostel. Considérés comme Espagnols apatrides, Francisco et ses camarades sont envoyés dans l'enfer des camps de concentration.

Nous suivons Francisco Boix au sein du camp de Mauthausen, il nous parle de son arrivée, de la construction du camp, des conditions de vie inhumaines, de l'horreur qui règne, mais surtout il nous parle des postes auxquels les prisonniers sont  affectés et plus particulièrement des postes à responsabilité qui permettent à certains prisonniers d'avoir  des meilleurs postes et d'être reconnus comme "utiles", les Prominenten. Francisco pour sa part est intégré au service d'identification qui dépend de la Gestapo, il a pour mission de consigner sur support photographique l'entrée et la sorties des personnes déportées. 

Durant sa mission Francisco découvre l'insoutenable, des photographies montrant des cadavres, mis en scène parfois, des meurtres maquillés, il découvrent également  des photos sur lesquelles les prisonniers ne sont pas maltraités ou affamés destinées à faire de la pub auprès des entreprises locales afin de leur proposer les services des prisonniers qui rapporteraient beaucoup d'argent au ss et une main d'oeuvre pour les patrons. 

Francisco Boix décide d'élaborer un plan avec l'aide de ses camarades afin de faire sortir une parties des photographies du camp et ainsi d'apporter des preuves de ce qui s'y passe. Non seulement son acte héroïque a abouti mais en plus les photographies ont servi lors du procès des nazis a prouvé les horreurs commises au sein du camp.

Je salue le travail des personnes qui ont participées à la création de ce bijou, un bijou qui vaut le coup d’œil, les illustrations sont d'un réalisme époustouflant, immersion totale dès la première page. Francisco Boix est un héros et je suis heureuse d'avoir fait sa connaissance à travers cet ouvrage qui en plus de mettre en lumière un pan de l'histoire méconnu est enrichissant, magnifique et très abordable niveau prix. Outre la partie dessins nous avons un dossier historique qui revient sur les dialogues de Francisco Boix et qui nous apporte de plus amples informations essentielles pour comprendre le contexte dans lequel a vécu notre héros.

lundi 2 octobre 2017

Christine

Stephen King
Thriller
Editions le Livre de Poche
Parution : 2009
411 pages














Devant une maison mal entretenue, sur une pelouse pelée, Arnie vient de découvrir Christine, elle même en piteux état. Et pourtant cette rencontre va bouleverser sa vie.

Arnie, c'est un adolescent fort en thème, fragile, boutonneux, timide. Et qui est Christine ? Une femme parée de toutes les séductions ? Non, Christine est une voiture américaine, une Plymouth Fury 1958 qui porte bien son âge. Mais dès qu'Arnie s'assied à son volant,dès que la radio de bord commence à distiller les succès des années soixante, la voilà subitement qui se sent revivre. Elle se transforme, embellit, rajeunit, et son emprise sur son jeune acquéreur est totale.

Christine ne supporte aucun partage. Animée d'une puissance machiavélique, elle fonce tout droit sur la seule rivale qui soit en travers de sa route, la jolie Leigh, petite amie d'Arnie.


A l'approche d'Halloween j'adore lire des livres de Stephen King,  le roi de l'horreur ne me déçoit jamais et chacun de ses ouvrages est comme un délicieux bonbon que l'on prend le temps de déguster, parce que c'est tellement bon qu'on ne voudrait pas voir la fin arrivée. Ahh Christine, cette furie a déjà marqué des générations, c'est toujours un plaisir de la retrouver. Après avoir fait une overdose du film (à cause de mon frère qui le regardait en boucle), j'ai décidé de lire le bouquin et vraiment c'est un véritable coup de coeur pour cette voiture qui nous en fait voir de toutes les couleurs !! 

Lorsqu'Arnie Cunningham voit pour la première fois Christine, c'est le coup de foudre si bien qu'il va faire des pieds et des mains pour qu'elle lui appartienne. Personne ne comprend, pas même Dennis son meilleur ami qui l'a jusque l'a toujours soutenu quand tout les autres se servaient de lui comme bouc-émissaire. Il faut le dire Christine n'a rien d'avantageux, elle est vieille et en mauvais état de surcroît en bref c'est un tas de ferraille.

C'est sur cette note que commence le récit de Dennis : sur le coup de foudre d'Arnie qui va à tout jamais changer sa vie. Arnie est à l'origine un jeune homme chétif, physiquement mal fichu il est victime des railleries de ses camarades qui ne loupent pas une occasion pour le mettre à mal. Mais voilà chose extraordinaire au contact de Christine, Arnie va faire peau neuve, il prend du poil de la bête et n'hésite pas à s'imposer et même à se rebeller contre l'autorité de ses parents, ce qui va donner lieu à d'incessants conflits. Arnie change du tout au tout, s'isole, Christine devient sa raison de vivre et gare à ceux qui osent manifester leur mécontentement devant cette relation ahurissante, Christine se fâche et lorsque c'est le cas, elle se transforme en une chasseuse de tête redoutable jusqu'à ce que mort s'en suive tout en écoutant des chansons des années 60.

Que dire à part que cette lecture est un beau coup de coeur, moi qui pensais en avoir fini avec cette fury, je dois bien avouer avoir adoré découvrir l'histoire originale et voir les choses d'une autre manière. En voyant l'adaptation pour moi ce n'était qu'une simple histoire de voiture déchaînée, je me disais que c'était tiré par les cheveux et que tout simplement ce n'était pas fait pour moi.

En refermant mon livre je me dis que cette histoire de voiture possédée est plus que géniale, j'ai adoré l'ambiance qui monte crescendo, les personnages surtout celui de Arnie le jeune homme torturé qui se retrouve dans le savoir dans un panade monstre, Stephen King ressort un sujet que l'on a l'habitude de croiser dans les personnages qu'il met en scène : les adolescents bouc-émissaire, on  y retrouve aussi le thème de l'obsession, celle qui mène à la folie, celle qui vous retourne le cerveau comme il se doit ( et qui fait les meilleures histoires). Mais ce que j'ai encore le plus aimé c'est de découvrir l'identité de celui qui possédait la voiture, l'histoire de Christine qui nous aident à comprendre comment cette voiture arrive à massacrer ceux qui lui veulent du mal. C'est passionnant, c'est détonnant, c'est du Stephen king dans toute sa splendeur, ça m'avait manqué...


mardi 19 septembre 2017

Dark Net

Benjamin Percy
Thriller
Editions Super 8
Parution : Septembre 2017
400 pages

















Fermez toutes vos fenêtres !

Le Dark Net, vous connaissez ? Sous les fondations du réseau, un second Internet prospère : un eldorado sulfureux où rien n'est impossible et où on trouve de tout - drogues, armes à feu, instructions terroristes, etc.

Mais aujourd'hui, les forces obscures s'assemblent dans ces profondeurs. Des démons qui menacent d'envahir notre mon physique en "hackant" les esprit des utilisateurs pour les transformer en tueurs psychotiques.

Pour les arrêter, quatre personnages que rien ne destinait à se rencontrer : Hannah, une jeune aveugle de 12 ans ayant récemment recouvré la vue (mais pas seulement) grâce à une prothèse futuriste ; Mike Juniper, un ancien évangéliste qui combat ses propres démons et veille, dans le sous-sol de son refuge pour sans-abri, sur un impressionnant arsenal d'armes à feu ; Derek, un hacker aux allures d'Anonymous qui entend faire régner la justice au sein du réseau ; et Lela, une journaliste technophobe persuadée d'être tombée sur une histoire que personne ne veut entendre.



Je suis une geek (et fière de l'être :p) et addict aux thrillers, ça beaucoup de monde le sait donc lorsque la sortie de ce livre a été annoncée, je l'ai attendu impatiemment et de pied ferme !! Dark Net, rien que le titre fait frémir et envoie du rêve (ou du cauchemar), on imagine une histoire glauque, un réseau grouillant de hackers faisant régner le chaos et compagnie, bref j'avais tout misé sur ce livre,  mais ...

En vérité, je suis descendue de plusieurs étages lorsque je me suis aperçue que le style de l'auteur n'allait pas me correspondre. Le style d'écriture et la narration sont tellement particuliers, beaucoup de descriptions, peu de dialogues, des phrases courtes qui se succèdent et qui parfois donnent l'impression que le récit est décousu. Les personnages sont nombreux, nous les suivons à tour de rôle sans forcément s'y attendre, j'ai dû revenir plusieurs fois en arrière pour comprendre quel était le personnage que l'auteur mettait en scène, le manque de structure du texte et du déroulement de l'histoire a été fatal pour moi ; grosse déception.

Déçue parce que malgré tout la trame de l'histoire n'est pas du tout mauvaise, elle est même innovante, à travers Dark Net, l'auteur nous propose un récit qui va avec l'ère du temps, dans notre société, le net est devenu presque vital et s'imaginer dans un contexte aussi sombre et tendu fait froid dans le dos.  Je ne vous déconseille pas ce livre parce que je suis sûre que parmi ceux qui liront cette critique, certains pourraient apprécier malgré tous les points négatifs que j'ai cités.